FRNL | | NewsBibliothèqueAgendaNewsletterJobsAdvertisingContact |
  
Accueil » News » Vacance des bureaux à Bruxelles : pas qu'une affaire de chiffres

Vacance des bureaux à Bruxelles : pas qu'une affaire de chiffres

Rudi Vervoort, Céline Fremault et citydev Managing Director Benjamin Cadranel
[+] Rudi Vervoort, Céline Fremault et citydev Managing Director Benjamin Cadranel

Lors de la présentation de son rapport annuel sur le taux de vacance des bureaux en région bruxelloise et dans sa périphérie, l'agence de développement régional citydev et son service statistique Inventimmo ont fait état d'une légère diminution de la vacance entre 2012 et 2013. Ils ont également balayé un cliché bien ancré concernant une éventuelle concurrence entre la ville et la périphérie.

Commençons par les statistiques : le taux global de vacance, qui se situe aux alentours de 8 %, cache un contraste saisissant entre Bruxelles et sa périphérie. Dans les quartiers centraux, la vacance varie de 4 à 7 %, alors qu'elle atteint plus de 30 % en périphérie, même si ce chiffre a quelque peu diminué. En termes numériques, cela signifie que sur 1,6 million de mètres carrés de bureaux situés dans la zone aéroportuaire (où se concentrent 75 % de tous les bureaux en périphérie), quelque 500 000 m² sont vides. Par exemple, le Keiberg Park (le plus ancien parc d'affaires, qui date des années 1970) présente une vacance de 55 %, et l'Ikaros Park un taux de 48 %. Cette situation contraste avec le Pegasus Park qui, avec un taux de vacance de 11 %, se rapproche des chiffres de vacance globaux. Un état de fait qui nous amène à parler d’une des problématiques épinglées par citydev, mais aussi par Rudi Vervoort (ministre-président du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale) et Céline Fremault (ministre de l'Emploi et de l'Économie) : la mobilité. L'accessibilité est une nécessité absolue si l'on veut réduire le nombre d’espaces vacants (le Pegasus Park dispose de sa propre gare ferroviaire). En outre, il serait utile, selon Céline Fremault, que la STIB – la Société des transports intercommunaux de Bruxelles – tienne compte de ce besoin de mobilité périphérique. Rudi Vervoort a également parlé de la nécessité pour Bruxelles de collaborer avec les deux autres régions afin de s'assurer que toutes les zones qui constituent le grand Bruxelles (qui recouvrent grosso modo les deux Brabant) travaillent main dans la main et non les unes contre les autres.

On pensait que l'autorégulation du marché avait eu un effet positif. Pour étayer ce propos, une statistique stupéfiante : en 2009, les livres des promoteurs immobiliers comptaient 900 000 m² de nouveaux projets de construction. Or, pas un seul de ces mètres carrés n'a été construit ! Selon l'agence, deux autres éléments auront un impact sur la diminution des taux de vacance : la tendance naissante à réduire l'espace occupé par poste de travail et celle, pour les sociétés, de renégocier les conditions d'occupation de leurs bâtiments existants plutôt que de déménager dans de nouveaux bureaux. Un exemple frappant a d'ailleurs été donné à ce sujet : PricewaterhouseCoopers vient de renégocier un bail de 9 ans pour la location de l'immeuble situé boulevard de la Woluwe à 150 €/m²/an contre 200 € précédemment !

Le rapport évoque également l'idée reçue, martelée notamment par les responsables politiques, selon laquelle la périphérie concurrencerait le centre-ville. Or, une analyse de la demande en périphérie montre qu'une très grande partie des demandes d'installation en périphérie concerne des entreprises situées à proximité qui choisissent de déménager d'une zone de la périphérie vers une autre. Les taux de vacance de +30 % en périphérie contre 8 % en ville montrent que dans la réalité, cette concurrence n'existe pas. De plus, ces taux de vacance élevés en périphérie persistent malgré des régimes fiscaux avantageux, des locations moins chères, la proximité de l'aéroport, etc. Bref : les entreprises choisissent d'être où elles doivent être, tout n'est pas qu'une question d'incitants.
Tim Harrup
24-02-2014