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Le design inclusif au cœur des espaces de travail du futur



Lors du Salon du meuble de Stockholm, le fabricant de mobilier de bureau, Kinnarps, a dévoilé son rapport des tendances pour 2015 : « Conception du lieu de travail et de l'espace de vie dans une décennie diversifiée ». Dans ce rapport, des experts renommés en design, en architecture, en technologie et en psychologie ont partagé leur vision de l'évolution des tendances en matière de postes de travail.
A l’heure actuelle, le monde de l’entreprise est plus diversifié que jamais. Alors que les frontières – qu’elles soient géographiques, physiques, psychiques ou encore liées à l’âge ou au sexe – semblent s’estomper, les exigences liées à l’environnement se font de plus en plus précises pour attirer et garder les talents. Ces changements impliquent non seulement une transformation des politiques professionnelles mais également de l’environnement de travail en lui-même.

4G Workforce
L’univers du travail se trouve actuellement face à plusieurs problématiques qui seront déterminantes de ce que sera l’environnement de travail à l’avenir. Tout d’abord, il y a ce que les auteurs de l’étude qualifie de 4G Workforce, soit les diverses générations travaillant aujourd’hui côte à côte au sein des entreprises. Avec l’évolution de la sphère de travail et le recul de l’âge de la pension, les générations plus anciennes sont amenées à travailler avec la génération Y. La conception du lieu de travail se doit donc de répondre aux besoins de chaque catégorie d’âge, sans discriminer ou favorises les besoins des uns et des autres. La problématique du Design Equality Movement renvoie au fait que bien que les femmes soient entrées dans la vie active depuis des années, les environnements de travail n’ont pas évolué. Les standards répondent aux critères masculins et les femmes s’y conforment. Pourtant, c’est l’environnement de travail qui doit s’adapter, notamment en instaurant le design inclusif. Enfin, la toute-puissance des open spaces répond à l’idéal de collaborateurs extravertis. Un idéal aujourd’hui dépassé puisque les employeurs réalisent que les personnalités introverties ne sont pas moins des atouts forts au sein d’une entreprise, mais ils ont des besoins très différents sur le lieu de travail.

La prise en compte de cette mixité générationnelle combinée à la globalisation des travailleurs résultent en un réel melting pot culturel. C’est précisément ceci qui appelle à une conception du lieu de travail tenant compte des différences de chacun. Cela souligne également l’importance d’un design inclusif, c’est-à-dire qui prend en considération la diversité des personnes en respectant leurs capacités, langues, cultures, sexes, âges et toute autre forme de différences. Selon des données récoltées par le Leesman Index – un outil indépendant d'analyse de l'efficience du lieu de travail – auprès de quelques 70.000 personnes, seulement 54% estime que le concept de leurs lieux de travail permet de travailler de façon productive.

Le bien-être, une nouvelle forme de durabilité
« Wellness is the new green » affirment certains experts rassemblés par Kinnarps pour cette étude. Avec le recul de l’âge de la pension, la durée des carrières se rallonge et les entreprises désirent s’assurer du bien-être des employés afin que ceux-ci restent opérationnels le plus longtemps possible. Ce bien-être passe en partie par la conception de l’environnement de travail et notamment des choix en matière de mobilier. De nombreuses études ont démontré qu’il était important de varier la position assise/debout pour éviter des problèmes de santé. L’intégration d’un bureau adaptable en hauteur est donc non seulement un choix en matière de design mais aussi un choix déterminant au niveau du bien-être des travailleurs. Il est intéressant de noter que l’ergonomie au bureau devient tout autant psychologique. Favoriser le mouvement, varier les lumières, les coloris, inclure de la musique en fond sonore dans certains endroits… Les architectes d’intérieur doivent comprendre les états d’esprit des personnes pour lesquelles ils doivent concevoir des espaces diversifiés.

« Techiture » ou comment intégrer de façon plus harmonieuse la technologie dans le design
Ce que les Anglo-Saxons appellent la « tech fatigue » n’est pas seulement le fruit de l’hyper-connectivité qui crée des tensions entre sphères privées et professionnelles. Elle s’avère également un réel problème sur le lieu de travail. Les pop-ups des boîtes mails, les messages instantanés, les smartphones, les médias sociaux sont autant de sollicitations qui nous empêchent de travailler de façon efficace et qui engendrent cette « tech fatique ». Ce problème touche toutes les entreprises, même les plus connectées. Chez Google, par exemple, la culture d’entreprise a évolué pour favoriser les réunions sans ordinateurs portables. La prise de notes manuelles y est également préférée à la prise de notes sur ordinateur. Comprendre que cette hyper-connectivité est un vrai problème avec de réelles conséquences sur le bien-être est sans doute un des facteurs majeurs dans la création d’environnements de travail qui s’inspirent de plus en plus des environnements domestiques. La technologie y est volontairement moins visible. D’autant qu’il est aujourd’hui possible de faire des choix d’architecture intérieure en prenant en compte le design qu’offrent les outils technologiques, plutôt que les demandes et besoins qu’elles amènent. C’est ce qu’on appelle la « techiture ». Travailler à distance avec des collègues se trouvant dans d’autres départements, d’autres lieux, d’autres cultures sera la norme à l’avenir. La virtualisation de l’environnement de travail permet le travail à domicile, et en même temps, l’on constate que beaucoup de lieux de travail tentent d’adopter au niveau de leur décoration un look & feel qui se rapproche de plus en plus de l’univers de la maison.

Au travers de ces diverses évolutions sociétales, managériales et culturelles, force est de constater que la psychologie prend une part de plus en plus importante dans la conception des espaces de travail de demain. Alors que la technologie devient omniprésente et que le bureau se virtualise, il devient de plus en plus important deremettre les travailleurs de la connaissance au centre lors de la conception des environnements de travail de . Le design inclusif – loin des solutions standardisées – se profile comme la base des espaces de travail du futur.

Kim Verhegge
17-03-2015


 Consulter l'étude 'Workplace and Lifespace design for the diverse decade - Trend Report 2015