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Mort au Diesel – Longue vie à l’E-auto ?

Depuis plusieurs années déjà, des zones écologiques (appelées 'Umweltzone'), où sont bannies les voitures polluantes, ont été délimitées dans la plupart des centres-villes d'Allemagne. Ce système très clair s'appliquant aux voitures diesel et essence est basé sur des vignettes rondes de trois couleurs différentes : les véhicules à vignette rouge sont totalement bannis du centre, les vignettes jaunes sont autorisées jusqu'à une certaine distance, tandis que les vignettes vertes donnent un accès intédral.
Plus récemment, il y a eu des débats autour de l'introduction d'une vignette bleue, spécialement dédiée aux véhicules diesel. À Stuttgart, qui abrite le quartier général de Mercedes-Benz, un jugement du tribunal a fait en sorte d'interdire l'accès aux voitures diesel en cas de pollution élevée de l'atmosphère.

Chez nous, à Anvers, la ville a introduit le 1er février dernier une zone à basses émissions polluantes, située à l'intérieur des boulevards. Le contrôle des voitures s'effectue par identification des plaques d'immatriculation via des caméras reliées à la base de données de la DIV. Les voitures diesel respectant au moins la norme Euro 4 sont exemptées ; les voitures diesel Euro 3 le sont également à condition d'être équipées d'un filtre à particules et d’avoir été enregistrées, vu qu'il n'y a pas de détection automatique par caméra. Mais les véhicules plus anciens, et donc plus polluants, ne peuvent théoriquement plus franchir les boulevards intérieurs… sans délier les cordons de la bourse. Les voitures diesel Euro 3 sans filtre à particules sont en effet admises, mais moyennant paiement d'une taxe de 350 € par an. Les modèles diesel encore plus anciens, de classe écologique Euro 1 ou 2, n'ont droit qu'à un libre parcours d'un jour à 35 €, et cela maximum huit fois par an.
Cette politique va probablement se durcir d'ici trois ans. Seules les voitures diesel Euro 5 et 6 pourront se déplacer librement dans le centre-ville anversois ; les modèles Euro 4 ne seront tolérés qu’avec une taxe, et tous les plus anciens uniquement avec un libre parcours d'un jour à 35 € l'unité, et limités eux aussi à 8 entrées par an.
Un durcissement supplémentaire est prévu pour 2025 : seules les voitures Euro 6 seront admises, les modèles Euro 5 le seront, mais avec contre paiement, et toutes les autres catégories diesel devront payer un accès d'un jour. Des débats à propos d’une extension de la zone basse émission à Anvers se poursuivent. Ce genre de zone est d'ailleurs prévu à Malines et à Gand pour respectivement 2018 et 2020. Sans aucun doute, d'autres villes leur emboîteront le pas. Mais comme toujours en Belgique, les conditions d'admission seront différentes d'une ville à l'autre dès 2018.

En grande Bretagne, le ‘Low Emission Zone Greater London’ couvre une zone de 1500 km² autour de Londres. Dès ce 23 octobre 2017, les voitures diesel immatriculées avant 2005, donc de catégorie inférieure à Euro 4, devront payer une taxe de 21,50 livres sterling par jour pour pouvoir pénétrer cette zone !

Paris est la première ville de France à avoir introduit une vignette écologique, 'Crit'Air', depuis le 1er février dernier. Les diesel Euro 5 ou 6 ont besoin d'une vignette jaune, les Euro 4 d'une vignette orange, les Euro 3 d’une brune, et aussi d’autres couleurs pour les voitures essence et électriques, moins polluantes. En fonction de la qualité de l’air, certaines couleurs seront refusées. Étonnamment, cette interdiction à Paris porte non seulement sur la circulation, mais également sur le stationnement en centre-ville ! Strasbourg suivra les traces de Paris cet automne avec une même vignette, 'Crit'Air'.

Les municipalités de Paris, Madrid et Athènes ont annoncé leur intention de bannir totalement les voitures diesel d'ici 2025. Cinq ans plus tard, ce sera au tour de la Wallonie. Les autorités françaises rêvent d'une circulation automobile 100 % électrique à l'aube des années 40… Difficile de prédire l’avenir, toujours est-il que les autorités européennes ne brillent que par leur silence à ce sujet. Il n'y a aucun semblant d'uniformisation à ce jour, pas plus à l'échelle nationale qu’européenne.

En Allemagne, les dirigeants de l'industrie automobile et les responsables politiques se sont retrouvés lors d'un grand sommet début août, pour se mettre d’accord et tout entreprendre pour empêcher une interdiction de circulation des voitures diesel. L'industrie s'engage à adapter cinq millions de voitures diesel en Allemagne, mais rejette également les critiques trop générales et bien trop populistes exprimées envers ce type de moteur. Les adaptations consenties concernent essentiellement les diesel Euro 5, et dans une moindre mesure Euro 6, et visent à réduire les rejets d'azote de 25 à 30 %. Les marques allemandes prendront toutes des initiatives afin d’encourager le remplacement des diesel plus âgés et limiter autant que possible la perte subie par leurs propriétaires. En outre, l'industrie automobile a lancé un vif plaidoyer en faveur du diesel, qui méritera toujours sa place dans un parc automobile global qui s'efforce d'être de moins en moins polluant. Les moteurs actuels alimentés au mazout rejettent en effet en moyenne 15 % de CO2 en moins et ont une consommation de 25 % inférieure à leurs variantes essence équivalentes. La deuxième génération de diesel Euro 6 rejette également l'accusation de rejets d'azote trop élevés.
Tiens, l'avez-vous remarqué : les compagnies pétrolières sont les grandes absentes de ce débat…
Eduard Codde
22-08-2017