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Futur prometteur pour le parking partagé

Dorian de Broqueville, Head of operations chez BePark
[+] Dorian de Broqueville, Head of operations chez BePark

Les parkings n’échappent pas à la mutualisation et au partage d’espaces entre plusieurs utilisateurs comme cela se pratique désormais pour l’occupation de bureaux (co-working) ou d’habitations (co-living). Dorian de Broqueville, Head of operations chez BePark, explique les moteurs de cette évolution. Aujourd’hui BePark met à disposition plus de 10.000 emplacements partagés répartis dans 250 parkings et 50.000 utilisateurs abonnés pour avoir accès à ces emplacements. 50 % des abonnements ont été souscrits par des entreprises pour leurs collaborateurs. Signe que ce marché du parking partagé est prometteur, en deux ans le nombre d’utilisateurs de BePark a augmenté de 200%, celui d’emplacements de parking en gestion a triplé!

25 % de parkings non utilisés
Dorian de Broqueville explique « Dans la plupart des villes européennes, près de 25 % des places de parkings hors-voiries sont inoccupés: parkings situés sur des sites privés en intérieur de bâtiments ou dans des espaces ouverts (grandes surfaces, hôtels, logements sociaux, immeubles de bureaux…etc). Ce constat est à la base de la création de BePark il y a 7 ans. Nous nous profilons comme un opérateur de parking qui permet aux propriétaires de parking de mieux gérer leurs locataires existants et/ou de mieux rentabiliser leurs espaces en les mettant à la disposition des riverains et des entreprises des environs. Tout cela nécessite bien entendu un contrôle d’accès digital dématérialisé offrant une très grande flexibilité de gestion”
Lors de sa création, la solution high-tech conçue par BePark a été très médiatisée. Dorian de Broqueville se souvient « En 2012 commander l’ouverture d’une barrière de parking via un smartphone était inédit et audacieux, d’autant que seul 10 % de la population belge disposait alors d’un smartphone ».

Chasser la voiture des centres-villes
Depuis la création de BePark la situation a fortement évolué en faveur d’une mutualisation des emplacements de parking. Sur le territoire de Bruxelles-Capitale, la réglementation COBRACE (Code Bruxellois de l’air, du climat et de la maîtrise de l’énergie) adoptée en 2013 impose désormais aux entreprises une limitation du nombre de places de parking à usage privé. Le calcul du nombre d’emplacements autorisés par le COBRACE se fait en fonction de deux facteurs : la surface plancher des bureaux (m²) occupés par l’entreprise ainsi que l’accessibilité en transports en commun de la zone où sont localisés ces bureaux. Selon Dorian de Broqueville :« La compression de l’espace de parking qui a résulté de cette réglementation a stimulé les entreprises à chercher des solutions pour optimiser l’utilisation et l’allocation des emplacements de parking dont elles peuvent disposer. C’est dans cette optique que BePark propose aujourd’hui aux fleet et facility managers des outils de gestion et d’optimisation d’usage de leur places »

De plus, la limitation du nombre de places de parking disponibles aux alentours des immeubles de bureaux a pour but de dissuader les travailleurs de prendre la voiture pour effectuer les déplacements « domicile-travail». Pour les pouvoirs publics, diminuer drastiquement le trafic automobile et le stationnement en ville est un objectif prioritaire pour remédier à la congestion des centres villes que nous subissons tous, et plus seulement aux heures de pointes. La recherche d’un parking et le temps que cela prend est à elle seule source d’encombrement des rues. Dans ce contexte, Dorian de Broqueville explique leur contribution à cet objectif des pouvoirs publics : « Notre offre d’emplacements de parking partagés peut contribuer à améliorer la chaîne de mobilité. En mettant à disposition de nos abonnés des places de parking près des transports en commun ou des entrées de villes, à un prix abordable, nous favorisons des déplacements multimodaux combinant voiture et transports publics. Notre vision nous porte aussi vers l’offre de solutions de micro-mobilité partagée au sein de nos parkings (trottinettes, vélos etc.) pour favoriser encore cette approche multimodale ».

Monétisation des emplacements de parking
A Bruxelles, la monétisation presque systématique des emplacements de parking en voirie stimule également la demande pour du parking partagé à des tarifs plus avantageux. Dans certaines communes, tel Forest, tous les emplacements de parking en voirie sont devenus payants. Dans d’autres communes, le parking est réglementé par l’usage du ‘disque bleu’ qui limite le stationnement à seulement deux heures. La formule d’abonnement de Bepark permet souvent de se parquer à un coût moindre et, sans risque de contravention.

Complémentarité d’usage diurne et nocturne en ville
L’octroi de permis d’urbanisme et d’environnement pour de grands projets immobiliers impose régulièrement une mixité de fonctions, intégrant dans le bâti du bureau, du logement et du commerce. En ce cas, le partage de parkings est très optimal mais nécessite une gestion très précise. En journée, la demande est forte de la part des entreprises pour leurs collaborateurs, ainsi que des commerces pour leurs clients. En soirée, les places de parkings délaissées sont alors occupées par les habitants.

Parking partagé : aussi de particulier à particulier
L’économie du partage a le vent en poupe grâce aux app mobile qui permettent de connecter les particuliers entre eux. Des start-ups se lancent dans l’aventure du parking partagé, et parfois avec beaucoup d’originalité. Ainsi l’application Pasha lancée en septembre dernier devrait permettre aux conducteurs de se parquer … devant des garages ! Les créateurs de ce logiciels ont fait le constat simple qu’à Bruxelles, 60.000 emplacements de parking sont potentiellement disponibles devant les portes de garages.

Solution win-win
Outre la capacité de proposer des outils de gestion et des accès dématérialisés (par app), BePark pourra aussi se charger d’optimiser l’occupation des parkings en mettant une partie des emplacements à disposition d’usagers externes à l’entreprise quand celle-ci n’en a pas usage, enfin ils peuvent également prendre en charge la maintenance et le contrôle des parkings. Les revenus générés par le partage de parkings avec des tiers sont rétribués à l’entreprise qui met se place à disposition, déduction faite d’une commission pour la prestation de services. L’entreprise transforme alors un poste de coûts (maintenance des systèmes d’accès et nettoyage d’emplacements de parkings inutilisés ou peu utilisés) en source de profit. Un contrat win-win intéressant pour le Facility manager.

Didier Van Den Eynde
15-01-2019