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Efficace en mode télétravail ?



Voilà que pour la deuxième fois cette année, nos gouvernements nous obligent à passer en mode télétravail. Certains – tant employeurs que salariés - expérimentaient alors pour la première fois le travail à domicile pendant plusieurs semaines consécutives. De prime abord, leurs retours d’expériences étaient plutôt positifs et enthousiastes. Côté employé: plusieurs gains immédiats dont le principal, un gain de temps car il n’y a plus de déplacement domicile/bureau. Côté employeur: constat que le management à distance fonctionne et, que dans de nombreux cas, du moins pour les premières semaines, un gain de productivité est enregistré. Mais, toute médaille a son revers, et dans un deuxième temps, les avis ont été plus mitigés pour plusieurs raisons. Primo, la collaboration entre collègues est plus difficile, même avec des visioconférences. L’isolement se fait sentir et les moments de décontraction autour de la machine à café commencent à manquer. Ce manque de contacts provoque une perte de cohésion.

Au-delà de cela des communications essentiellement écrites par mail, plutôt qu’orales et en face à face, peuvent provoquer une distorsion dans la compréhension et l’interprétation du message et de l’information reçue. Raison pour laquelle le langage non verbal est important lors de visioconférences. Les leaders devront dès déployer beaucoup plus d’énergie pour gérer leur équipe à distance. Ils devront choisir et harmoniser les outils de télécommunication (Teams, Zoom, Skype, ..) et s’assurer qu’ils sont bien maîtrisés par leurs collaborateurs.

On lit souvent que le travail à domicile est apprécié car il permet de mieux se concentrer sur une tâche. Oui, pour ceux qui peuvent travailler sans perturbations autour d’eux, telle celles générées par des enfants eux-mêmes confinés, voir d’un conjoint ou de colocataires bavards. Il ne faut donc pas généraliser.

Si le télétravail se prolonge, il est peut-être temps d’aménager son bureau à la maison. Un endroit à l’écart de l’agitation ambiante, avec un éclairage de qualité, un siège et une table de travail ergonomique, un classement fonctionnel des documents papiers, etc… Autant d’éléments qui, si ils ne sont pas (assez) pris en compte, peuvent influencer négativement le vécu du télétravail

Mode d’emploi

Lors de la première phase de confinement, la société SpaceID a réalisé une enquête en ligne auprès d’un public ciblé. Le constat ci-avant ressort dans leurs conclusions de cette enquête. Fort de l’expertise acquise lors des audits d’environnement de travail, de la façon dont les différents espaces de travail sont utilisés et vécus, SpaceID émet une série de recommandations pour déjouer les pièges du télétravail et mener leurs collaborateurs à travailler efficacement à distance.

Dans leur blog en ligne, Space ID regroupe ces conseils pratiques en six pôles:
#1 management à distance
#2 environnement de travail à domicile
#3 autogestion
#4 outils
#5 communication
#6 formation

La nouvelle normalité

Pour de grandes entreprises la nouvelle normalité sera une organisation de travail hybride avec 2 ou 3 jours de travail à distance, et le reste de la semaine en présentiel dans les bureaux de l’entreprise. Des entreprises mondiales font du travail mobile leur nouvelle normalité : les géants du web – Twitter, Microsoft, Google, Amazon et autres -; des sociétés IT comme Salesforce ou Paypal; des acteurs du monde financier tels Morgan Stanley et aussi plus récemment Siemens, le premier employeur Allemand et une des plus importantes sociétés industrielles en Europe.

Bureaux tiers

Pour le quidam, le terme télétravail est trop souvent assimilé uniquement au travail à domicile. Si tel est le cas c’est trop réducteur car il n’inclue pas les bureaux tiers. Or les business centres intégrant des espaces de coworking permettent souvent un travail à distance plus qualitatif que le travail à partir du domicile. Ces centres disposent d’espaces de travail variés, bien aménagés …et souvent moins aseptisés que certains bureaux d’entreprises.
La socialisation et les interactions y sont facilitées. Les opérateurs de ces centres ont compris que l’animation de leur communauté de membres représente pour ceux-ci une réelle valeur ajoutée. Le coworker y trouve plus d’énergie qu’uniquement la sienne. Sa journée de travail est rythmée aussi par le comportement de ceux qu’il côtoie. Cela facilite son autogestion.

Ces cinq dernières années, les opérateurs d’espaces de coworking se sont multipliés en Belgique. Aux côtés d’opérateurs historiques tels Regus et Silversquare (groupe Befimmo) sont apparus d’autres opérateurs tels Spaces (groupe Iwg ex-Regus), Fosburry, Meraki, Tribes, Intervest et plus récemment le géant mondial We work. La toile des centres de coworking se tisse toujours plus en milieu urbain. Après Bruxelles et Anvers, ils fleurissent désormais à Liège, Namur, Gand et Malines. L’adhésion d’entreprises au précepte du ‘work-remotely-anywhere’ sera dès lors très certainement en forte croissance lors de la décade à venir.

Tendances

Au-delà d’impressions, cette tendance pour le travail à distance, hors les murs de l’entreprise, se confirme par l’enquête réalisée en septembre par Acerta - groupe de services RH – en collaboration avec la KUL Leuven et le magazine HR Square. Une des conclusions majeure de cette enquête réalisée en ligne auprès de près de 600 entreprises est que le télétravail est 50 % plus populaire qu’avant la pandémie du COVID-19.Selon cette étude, avant le confinement, à peine plus d’une personne sur quatre était autorisée à télétravailler par leur employeur, alors qu’aujourd’hui –hors période de télétravail forcé par les autorités -, plus de quatre belges sur dix y sont autorisés.

Laura Couchard, conseillère juridique chez Acerta, fait ce constat: «les résultats de l’enquête montrent que les employeurs reconnaissent davantage, depuis l’émergence du coronavirus, que les travailleurs peuvent effectuer leurs tâches à distance. On note clairement un changement de perception en faveur du télétravail. De nombreuses entreprises ont également investi dans des technologies qui supportent le travail à distance ce qui explique que ce soit devenu une option pour encore plus de travailleurs.» Cependant elle nous met en garde «le télétravail constitue une possibilité, ce qui ne signifie pas automatiquement qu’il s’agit de la meilleure. Les employeurs estiment que le télétravail a une influence positive sur le travail autonome et orienté résultats ainsi que sur l’équilibre vie privée-vie professionnelle. Toutefois, ils pensent aussi que le télétravail a un impact négatif sur la cohésion sociale, la collaboration en équipe et le leadership. Il est important de veiller à un bon équilibre entre ce que souhaite l’organisation et ce que souhaite l’individu. Il sera très important d’établir des accords clairs ainsi qu’une politique de travail à domicile. »

Dans cette étude, seulement 53% des entreprises sondées déclarent avoir besoin d’autant ou plus d’espaces de bureaux dans le futur. A contrario, certaines entreprises réfléchissent déjà à réduire la superficie des bureaux qu’ils occupent. Pas seulement des entreprises privées mais également des administrations publiques. Il y a dix jours, dans un article paru dans De Tijd, Frank Geets - administrateur général de Het Facilitair Bedrijf qui gère les immeubles occupés par la région flamande - annonçait que pour leur troisième centre administratif bruxellois - l’immeuble ZIN (ex-tours WTC) en construction en face de la gare du Nord qui hébergera 3.900 fonctionnaires dès 2023 - ils ne prévoiraient en moyenne que 5 postes de travails partagés par 10 fonctionnaires, au lieu de 6 précédemment, soit une diminution de près de 15 %.

Mais n’oublions pas que face au télétravail nous ne sommes pas tous égaux. Toutes fonctions ne permet pas d’exercer son métier à distance, toutes les entreprises et administrations le l’autorisent pas (encore). Et, Jean-Baptiste Jacquemin, fondateur de SpaceID, de souligner « le télétravail forcé durant le confinement a eu un effet de multiplications des inégalités face au travail. Tout le monde n’a pas une maison avec jardin ou un grand appartement où ils peuvent facilement s’isoler des autres, se concentrer ou s'aérer lors de pauses ».

A suivre


Didier Van Den Eynde
27-10-2020