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Rapport d’enquête sur L’avenir du travail

(photo: <a target='_blank' style='text-decoration: underline' href='https://nl.123rf.com/profile_zerbor'> zerbor</a> - 123RF)
(photo: zerbor - 123RF)

Mi-2020, la KU Leuven lançait une enquête dans le but d’avoir des perspectives sur ‘L’avenir du travail’. L’approche du Professeur Dr. Nicky Dries, chercheur en comportement organisationnel, était particulière car le travail ne portait pas sur une étude économique ni l’analyse d’indicateurs du marché du travail mais sur l’opinion d’individus face à la perception de l’avenir. Le Prof. Dr. Nicky Dries et son équipe ont élaboré quatre scénarios d’avenir à partir de 485 articles de journaux et de magazines flamands publiés au cours des cinq dernières années sur l’avenir du travail, et plusieurs ouvrages sur ce thème.

Les scénarios définis étaient ‘Business-as-usual’, ‘Apprentissage continu et cobots’, ‘Exterminism’ (les nouvelles technologies conduisent à un chômage massif; la société que nous connaissons va progressivement disparaître) et ‘Robocalyps’ (la croissance explosive des nouvelles technologies va fonder notre société sur les données). Ils ont été présentés à un échantillon de 570 Flamands issus de cinq groupes d’intérêt : les citoyens engagés, les experts du marché du travail et/ou RH, les experts en innovation et/ou technologie, les journalistes et les décideurs/politiciens.

Espoir et crainte
Il y avait clairement un lien entre la réponse émotionnelle à un scénario – espoir versus crainte – et la probabilité estimée. Pour les deux scénarios utopiques, seul l’espoir était un bon prédicteur de probabilité, tandis que pour les deux scénarios dystopiques, le degré d’anxiété montrait à quel point on croyait que cela pouvait réellement se produire. Cela va dans le sens des conclusions de la science du climat. Tant l’espoir que la crainte influencent les opinions des individus sur l’avenir, ce qui a un lien sur leur motivation à les travailler (dans le cas de l’espoir) ou à vouloir éviter certaines choses (dans le cas de la crainte).

Des liens significatifs ont été établis entre les caractéristiques professionnelles et personnelles des individus et leurs opinions sur l’avenir. La relation à la technologie (le degré d’appréciation de la technologie et l’aptitude à s’informer), la misanthropie (le degré selon lequel on a une opinion négative) et l’ouverture (le degré d’imagination et l’ouverture aux nouvelles idées) étaient principalement prédictives. L’enquête a aussi révélé que les personnes exerçant des métiers à haut risque d’automatisation ont plus de craintes envers l’avenir. Ce qui indique que le groupe d’intérêt auquel on appartient mais aussi les caractéristiques individuelles influencent notre manière de percevoir l’avenir.

Toujours une réticence pour la technologie
L’enquête suggère que l’engagement du public sera le plus haut si les communications sur l’avenir du travail (tant dans les médias que dans les entreprises) attirent d’abord l’attention avec un encadrement négatif, avant l’application de nuances plus positives (encourageantes). Cela devrait déclencher un vaste comportement de motivation pour prévenir les scénarios dystopiques.

En particulier, la relation des individus envers la technologie est quelque chose que les gouvernements – via notamment l’enseignement et la formation continue – doivent largement déployer, spécifiquement chez les personnes ayant (eu) un accès limité à l’enseignement. Il apparaît que cette variable (et le risque d’automatisation d’un emploi) va jouer un rôle majeur dans la résilience des individus face aux changements dans l’avenir du travail. Pour contrer le risque d’automatisation, il est crucial de former les jeunes au métier choisi, comme c’est le cas actuellement, mais aussi à son évolution future.

Les cinq groupes d’intérêt ont considéré le scénario ‘Business-as-usual’ comme étant le plus réaliste. Cependant, il y avait une différence d’espoir dans les deux scénarios utopiques : seuls les citoyens engagés et les journalistes ont choisi le scénario ‘Business-as-usual’, tandis que les experts du marché du travail et/ou RH, les experts en innovation et/ou technologie et les décideurs/politiciens ont choisi le scénario ‘Apprentissage continu et cobots’. C’est un constat intéressant car les derniers groupes d’intérêt cités ont plus de poids sur l’orientation stratégique que le premier groupe mentionné.
Eduard Codde
05-01-2021