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Les émissions des bâtiments atteignent un nouveau record

Les émissions de CO2 des bâtiments atteignent un niveau sans précédent malgré une demande énergétique plus stable. Les émissions de CO2 suivies par l’UN Environmental Programme (UNEP) englobent la totalité de la charge environnementale provenant des activités de construction proprement dites, la consommation énergétique et l’usage des bâtiments. En 2019, ces émissions atteignaient 10 Gigatonnes, soit 38% des émissions de CO2 totales liées à l’énergie. L’augmentation provient principalement de l’usage intensif de combustibles fossiles pour produire l’électricité et de l’accroissement des activités dans les régions où l’approvisionnement en énergie est à forte intensité de carbone.

La diminution des émissions de CO2 associées aux bâtiments ralentit, elle a même baissé de moitié dans la période 2016-2019 alors qu’elle devrait être cinq fois plus élevée pour atteindre le zéro émission fixé en 2050. D’après l’IEA (International Energy Agency), les émissions directes de CO2 des bâtiments devraient diminuer de moitié d’ici 2030 pour atteindre le zéro émission en 2050. En ce qui concerne la production d’énergie, les émissions de CO2 associées devraient diminuer de 60% d’ici 2030. Cela va de pair avec une réduction annuelle de -6% des émissions de CO2 provenant des activités de construction dans la période 2020-2030. A titre de comparaison : pendant la pandémie du Covid-19, les émissions de CO2 du secteur énergétique ont diminué de -7%.

Opter pour l’électricité, c’est augmenter les émissions de CO2
Les niveaux des émissions liées à l’usage des bâtiments a atteint un point culminant absolu en 2019, sapant le haut potentiel des bâtiments pour inverser le réchauffement climatique.

Le ‘2020 Global Status Report for Buildings and Construction’ publié par la Global Alliance for Buildings and Construction (GlobalABC) constate que la consommation d’énergie mondiale des bâtiments est restée stable par rapport à l’année précédente, mais que les émissions de CO2 liées à l’énergie ont atteint 9,95 Gigatonnes en 2019. Il est intéressant de noter que cette augmentation est la conséquence de la distanciation de l’utilisation directe de charbon, de mazout et de la biomasse traditionnelle pour le chauffage, au profit de l’électricité. Cependant, la production d’électricité génère une part importante d’émissions de CO2 suite à l’usage intensif de combustibles fossiles utilisés à cette fin. Inger Andersen, Executive Director de l’UN Environment Programme (UNEP), souligne la nécessité d’une stratégie en trois volets pour tempérer la demande d’énergie des bâtiments, décarboner le secteur de l’énergie et imposer des choix de matériaux réduisant les émissions de CO2 sur la durée de vie globale des bâtiments.

Le changement n’a pas encore lieu
En 2019, les dépenses consacrées aux bâtiments économes en énergie ont augmenté pour la première fois en trois ans. Néanmoins, l’effet est inhibé par les investissements permanents dans les techniques de construction et les bâtiments conventionnels. A chaque dollar US investi dans des bâtiments écoénergétiques, 37 dollars US sont dépensés dans des projets de construction classiques.

Le dernier ‘Emissions Gap Report 2020’ de l’UN Environment Programme (UNEP) perçoit un grand potentiel d’amélioration dans le rapprochement des programmes de reprise après la pandémie du Covid-19 et le verdissement des bâtiments. Il s’agit notamment d’accélérer les projets de rénovation qui vont créer de l’emploi dans le secteur de la construction, et de canaliser les investissements dans des bâtiments à faibles émissions de CO2, voire nulles.

D’après le ‘Sustainable Recovery Plan’ de l’International Energy Agency (IEA), jusqu’à 30 emplois pourraient être créés dans la production et la construction par million de dollars US investi dans la rénovation ou les mesures d’efficacité énergétiques dans les nouvelles constructions.

Lors de la prochaine décennie, les bâtiments verts vont offrir l’une des plus grandes opportunités d’investissement, estimée à 24.7 trillions de dollars US d’ici 2030 par l’International Finance Corporation (IFC).
Eduard Codde
06-01-2021