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LEOPOLDSKAZERNE GENT


Réaffectation de la caserne Leopold en un quartier multifonctionnel


La caserne Léopold a été construite sur l’un des points culminants de la ville de Gand entre 1890 et 1905. Le style éclectique est une réalisation des architectes Modeste de Noyette et O. Geerling. Le complexe s’étend sur 43.000 m² et n’est pas protégé. Des travaux de réaffectation sont en cours pour le désenclaver et le connecter au monde extérieur. Les bâtiments militaires s’étendent sur plus de 2 hectares et pouvaient héberger environ 1300 militaires. Lors de la Première Guerre mondiale, la caserne fut occupée par les troupes allemandes qui ont remplacé l’éclairage au gaz par un éclairage électrique et modernisé les cuisines. En octobre 1955, la caserne est reconnue ‘Centre de Santé Mentale’ (CSM), le noyau de ce qui deviendra plus tard l’Ecole Royale du Service Médical.


Après la centralisation des services de la Composante médicale à Neder-Over-Heembeek, plusieurs bâtiments sont acquis par la ville de Gand qui y héberge, en 2007, l’Institut Supérieur des Beaux-Arts (HISK). Les autres bâtiments restent la propriété de l’Armée belge qui y abrite le commandement provincial de Flandre orientale. En 2016, la caserne devient la propriété exclusive de la Province de Flandre orientale, mais la Défense y conserve 300 m² de bureaux. En 2017, un concours d’architecture est lancé pour la réaffectation de la caserne idéalement située à proximité du site Bijloke, du parc de la Citadelle et de la gare Saint-Pierre. Le ‘Consortium THV Leopold’ remporte le concours.


Réaffectation en un quartier urbain durable
Le plan directeur de réaffectation de ce site pentagonal résulte d’une collaboration entre les bureaux d’architectes B2Ai (Gant), 360 architecten (Gand) et Sergison Bates Architects (Londres/Bruxelles). La ligne principale est le désenclavement de l’ancien bastion militaire et son intégration dans le quartier, avec une connexion donnant sur le parc de la Citadelle et le centre-ville de Gand. La caserne se métamorphose en un quartier urbain durable.


L’élément principal du plan directeur est la nouvelle Maison provinciale de Flandre orientale. Le site abrite aussi des ateliers d’art pour l’Institut des Beaux-Arts, des bureaux pour la Défense, un hôtel de ville, une garderie d’enfants, 82 appartements de qualité et 10 maisons de ville. La réaffectation de la caserne a lieu dans le plus grand respect du caractère historique et de la valeur patrimoniale. L’image architecturale tout autour de la cour centrale est préservée. Le périmètre initialement fermé est ouvert sur le quartier via des ouvertures aux angles du site. La cour centrale est appelée à devenir un immense parc public.


Dans le plan directeur, le ‘BREEAM Communities International Technical Standard’ est déployé comme instrument pour garantir la durabilité. La norme couvre tous les domaines, de la gestion intégrée de l’eau, à l’énergie, la mobilité, la gestion des flux de déchets, … jusqu’à la gestion de la végétation et la vision du patrimoine.


Une Maison provinciale et un lieu de rencontre
Les services de la Province de Flandre orientale étant dispersés dans la ville depuis quelques temps, la Province a décidé d’investir dans une Maison provinciale flambant neuve sur le site, du côté de la Charles de Kerchhovelaan, où le rempart est pratiquement ouvert et permet d’accéder à la Maison provinciale par un jardin intérieur. Une fois les travaux de réaffectation terminés, la nouvelle construction sera pleinement intégrée au site.


La Maison provinciale abritera les services administratifs de la Province, les salles de réunion du conseil provincial et la députation, ainsi qu’un auditoire, un café et un restaurant. Sous la cour centrale se trouvent les services logistiques, les archives, le dépôt et un parking pour voitures et vélos. Au total, le site offre 30.000 m² d’équipements. L’objectif est que des tiers puissent partiellement en profiter.


Pas moins de 70% de l’énergie utile sera produite sur place et de manière durable. A cet égard, un champ BEO est prévu avec 160 forages à une profondeur de 140 m pour le stockage de l’énergie de chauffage et de refroidissement, des pompes à chaleur et des panneaux solaires en toiture. La Province de Flandre orientale achète de l’énergie 100% écologique depuis de nombreuses années. L’énergie achetée et celle produite sur le site va donc permettre à la Maison provinciale de devenir neutre en CO2. Un score BREEAM International ‘excellent’ est avancé. L’isolation du bâtiment est une évidence, mais elle a lieu par l’intérieur avec des matériaux isolants et un écran pare-vapeur. Les toitures ont été renouvelées et isolées, et plusieurs greniers sont reconvertis en des espaces utiles avec de grandes surfaces libres et une hauteur confortable.


Une architecture sophistiquée fonctionnelle
La Maison provinciale aura son propre ‘visage’ avec la construction en triangle à la Charles de Kerckhovelaan (R40) et la Kunstlaan. La face avant du bâtiment militaire est entièrement restaurée et réaménagée, et une nouvelle aile a été ajoutée. Dans le triangle, la Place provinciale prend forme pour devenir une zone de passage attrayante, orientée vers le parc de la Citadelle et le SMAK, le MSK et le Kuipke.


La Maison provinciale prévoit un ‘Frontoffice’ accessible, avec la réception au centre de la caserne, où de l’information de première et seconde lignes est aisément accessible afin d’éviter que les visiteurs n’aillent plus loin dans le bâtiment. A l’arrière gauche et droite du bâtiment se trouvent 25 salles de formation de capacité variable et une salle polyvalente à l’avant à droite. La réception, une ‘box-in-box’ dans un style hall de gare, permet d’accéder à l’ancienne cour centrale. Le ‘Midoffice’ est situé dans l’une des deux tours à l’angle de la caserne. Il n’est accessible que sur demande et héberge le Gouverneur, les députés et le président du conseil provincial, ainsi que les cabinets, une salle de réunion de la délégation, le greffier provincial et les postes de travail du backoffice.


La partie ‘Backoffice’ n’est accessible qu’au personnel de la Province et s’étend aux étages supérieurs de la caserne et dans la nouvelle construction. Pour l’aménagement, le choix s’est porté sur une ambiance chaleureuse dans un contexte brut, presque industriel. L’agencement est basé sur un taux d’occupation de 72% et prévoit 90% de postes de travail flexibles et 10% de postes de concentration, répartis dans des clusters de 2 x 4 postes. L’objectif est de fournir le plus de postes de travail de type assis/debout possible. Ils sont placés côté extérieur afin de profiter de la lumière naturelle et de la vue sur les arbres et la rue adjacente ou la toiture végétale de la cafétéria. La terrasse sera réservée aux collaborateurs. Dans la zone centrale des bureaux, il y a des cabines de concentration pour 4 à 6 collaborateurs, des postes d’ancrage et des kitchenettes avec un local d’impression attenant. Le câblage est travaillé dans les planchers techniques. Le concept vise une flexibilité maximale dans le cadre d’adaptations futures et/ou de déménagement de mobilier. La décoration intérieure est de style industriel et certains éléments techniques sont pertinemment visibles comme les prises de contact, les interrupteurs et des conduites. La Maison provinciale sera opérationnelle au printemps 2023.


Complémentarité
Un volet particulier de ce projet de rénovation est l’espace souterrain sous l’ancienne cour centrale. Le ‘MOR’ (espace souterrain multifonctionnel) s’étend sur trois niveaux. Le  -1 abrite les postes de travail des techniciens, le dispatching, le dépôt et les archives, une salle d’impression, le local TIC et le service de nettoyage. Les quais de chargement/déchargement sont aménagés au sous-sol. La hauteur de plafond de 3,20 m ne permet d’accueillir que des fourgons, un souhait de la ville qui veut exclure les camions du centre-ville. Les niveaux -2 et -3 abritent 380 places de parking, dont 271 sont réservés à la Province. Sous la nouvelle construction, un parking vélos est aménagé au -1 pour les collaborateurs de la Province, et complété de douches et de casiers. Les visiteurs pourront utiliser le parking vélos prévu à la place de la Province, le long de la Charles De Kerchovelaan.


La nouvelle construction s’intègre dans l’ancien complexe militaire et en devient le cœur battant avec diverses fonctions accessibles au public. La construction élégante et moderne en béton contraste avec les façades en briques de la caserne. La cafétéria et sa terrasse extérieure pourra accueillir jusqu’à 100 personnes, et le restaurant  jusqu’à 150 personnes. Au centre du plan, entre les deux, se trouve la cuisine. A l’angle de la nouvelle construction, un auditoire pourra accueillir 200 personnes. 


La cour centrale devient un parc public
Si l’ensemble des travaux offre un rendu impressionnant, la transformation de l’ancienne cours centrale – la cinquième plus grande place de Gand – en un parc public est tout aussi étonnante. Elle pourrait même abriter le plus grand jardin suspendu de Flandre.


La cour centrale est devenue un parc public qui s’ouvre sur le quartier via les nouveaux accès. La diversité des plantations, avec des arbres et des massifs fleuris, l’application de matériaux de qualité et la création d’espaces clos et feuillus forment un grand espace extérieur agréable et verdoyant qui remplit une multitude de fonctions urbaines : c’est un lieu de pique-nique en été, une aire de jeux pour les enfants, une terrasse pour l’hôtel, et un lieu où les cursistes de Het Perspectief Volwassenonderwijs et les étudiants de l’Institut des Beaux-Arts,  mais aussi les fonctionnaires et les résidents peuvent faire une pause ou travailler. Cette oasis de verdure est un espace de rencontre pour les riverains mais aussi un point de passage agréable qui relie la gare à la Place saint-pierre. (photos: © THV Leopold)

 



Last update: 12/07/2021 14:54:43