De nombreuses études ont démontré que le télétravail pouvait avoir des bénéfices environnementaux en réduisant les trajets domicile – bureau. Cette année, Greenworking et ADEME (Agence de la transition écologique) ont organisé une étude en France sur la pratique du télétravail en recherchant la balance environnementale globale. Selon l’INSEE (L'Institut national de la statistique et des études économiques), 7 Français sur 10 utilisent leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail. Ces trajets professionnels représentent 57 % des émissions liées à la mobilité locale du lundi au vendredi. En 2015, l’étude ADEMA publiait une estimation annuelle et par jour de télétravail hebdomadaire de 271 kg eqC02 annuels en tenant uniquement compte des déplacements du domicile vers le travail.La dernière étude de l’ADEME post COVID-19 confirme un gain de 58% net pour les émissions de PM8 (Particular Matter, les particules fines en suspension). A un jour de télétravail par semaine, une réduction de 69 % du volume des déplacements peut être constatée par rapport à un jour passé sur le lieu de travail. Hors les effets sur l’immobilier d’entreprise, les effets des déplacements supplémentaires, relocalisation du domicile, usage de la visioconférence, consommations énergétiques à domicile (= les effets rebond) peuvent réduire en moyenne de 31 % les bénéfices environnementaux du télétravail, soit + 84 kg eqCO2 annuels par jour de télétravail hebdomadaire sur une économie potentielle évaluée à 271 kg eqCO2 par l’ADEME en 2015). Les bénéfices restent donc suffisamment significatifs pour encourager le développement du télétravail. Les effets rebondToutefois l’évaluation de ces bénéfices est complexe. La complexité des trajets accroît statistiquement la probabilité de recours à la voiture. Par contre, des étapes opportunistes mais non indispensables sont parfois supprimées : comme par exemple, faire des petites courses tous les jours en rentrant du travail plutôt que des courses plus importantes le week-end et le mercredi. Dans l’étude de 2015 menée par Deloitte-Greenworking-BVA pour le compte de l’ADEME, basée sur un sondage auprès de 852 télétravailleurs français représentatifs, l’analyse des réponses montrait que pour une réduction (avant/après la mise en place du télétravail) du kilométrage annuel de 4 814 km sur les trajets Domicile – Bureau de la population des télétravailleurs pendulaires, le kilométrage annuel des déplacements personnels augmentait corrélativement de 1 201 km, soit un effet rebond de 24,9 %.Selon le modèle de Röder (2014), qui prend en compte toutes les surconsommations et qui a été établi dans un contexte européen, une consommation additionnelle de 7,5kWh lors de la journée de télétravail est mesuré, soit +20,7 kg eqCO2/an/jour télétravail – semaine.