Le Facility Management allie gestion technique d’un bâtiment et services à ses usagers. Amélioration de la qualité de vie au travail, gestion du travail à distance, réduction des dépenses énergétiques… Si la crise sanitaire n’a pas provoqué une révolution du secteur, elle a permis de passer le cap d’une large digitalisation en un temps record. Cyril Pouet, directeur général de SPIE Facilities et représentant de la France au sein du Comité Tech FM du groupe SPIE, fait part de ses observations et intuitions pour les années à venir.Les attentes des usagers des bâtiments ont-elles évolué suite à la crise sanitaire?Pouet: Beaucoup parlent avec raison de «révolution» depuis le début de la crise COVID… C’est sans doute le cas dans beaucoup de secteurs. Dans celui du Facilty Management, je parlerais plus d’un passage de cap, ou encore d’une accélération contrainte de tendances de fond que l’on observait depuis quelques années: «flex office», réflexion sur l’aménagement du poste de travail, «télétravail», etc. Quels que soient les pays, la «projection» a été brutale: nous nous sommes tous retrouvés du jour au lendemain à devoir travailler à distance; la digitalisation était la condition sine qua non pour continuer une activité professionnelle ! Reviendra-t-on en arrière? Je ne le crois pas, à l’exception de quelques cas particuliers. Le télétravail et les réunions hybrides vont faire désormais partie intégrante de l'organisation de l’entreprise. Ce passage de cap, cette refonte des modes de travail, ont évidemment des conséquences sur la manière dont chaque entreprise doit envisager l’espace de travail et la digitalisation de son activité.Et paradoxalement, des «fondamentaux» ont été aussi remis au goût du jour…Pouet: C’est en effet une des conséquences inattendues de la crise. Qui par exemple se souciait avant la crise de la qualité sanitaire de l’air? Aucun client ne nous parlait de ce sujet spontanément. Lors des périodes de déconfinement, nous avons proposé à nos clients des réponses pour sécuriser le retour de leurs collaborateurs au bureau. Ainsi en France, nous nous sommes associés à la société BORA pour la mise en place d’une solution innovante de désinfection de l’air par rayonnement UVC. Dans tous les pays où nous sommes présents, nous avons multiplié les interventions pour sécuriser des installations existantes et effectuer des campagnes de mesures de flux d’air. La crise a aussi fait émerger des innovations digitales. En Suisse, un de nos collaborateurs a imaginé un dispositif de détection et d’avertissement en cas de dépassement de la capacité autorisée de personnes dans une salle de réunion ou dans une cafétéria. Il réfléchit maintenant à la problématique du respect de la distanciation entres personnes.A quel défi la digitalisation du Facility Management doit-elle désormais répondre?Pouet: Si je caricature un peu, on avait avant d’un côté le gestionnaire du bâtiment et de l’autre l’entreprise qui en assurait la maintenance. Depuis quelques années, les salariés ont émergé dans ce système avec leurs propres demandes; depuis la crise COVID, on peut même dire qu’ils sont au centre du jeu. Ceux-ci ne se préoccupent plus seulement de leurs quelques mètres carrés d’espace de bureau mais sont désormais acteurs de leur espace de travail au sens large: réservation de salles de réunion, configuration de visio-conférences, etc. Une autre évolution très récente est leur attention personnelle portée à la RSE, au développement durable, aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ils veulent aujourd’hui savoir comment consommer moins d’énergie ou encore pourquoi des panneaux photovoltaïques ont été installés sur le toit de leur entreprise, etc. Ces préoccupations, conjuguées aux nouvelles
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