Durabilité en milieu hospitalier

La durabilité constitue aujourd’hui pour chaque entreprise un défi incontournable. Dans le monde hospitalier, c’est encore plus le cas, parce que la quantité et la variété des flux de déchets sont difficilement prévisibles. Pour chacun de ces flux de déchets, il existe une procédure spécifique de collecte et de traitement et/ou une législation d’application. La pandémie Covid-19 a contribué à accroître la pression sur les efforts consentis en matière de durabilité. Rudy Rimeau, directeur de la logistique à l’UZ Saint-Luc à Bruxelles (UCL Bruxelles, Clinique Universitaire Saint-Luc) nous a emmené faire le tour du propriétaire. Dans l’aperçu des flux de déchets de l’UZ Saint-Luc, on a effectivement retrouvé un certain nombre d’éléments attendus qui correspondaient à ce que nous connaissions de l’univers du bureau. La catégorie des dits ‘flux de déchets de classe A’ comprend les déchets des services administratifs et d’hôtellerie, des cuisines et du restaurant commun, ainsi que des PMC. À côté de cela, il y aussi les déchets médicaux, répartis en deux catégories. Les déchets médicaux de classe B1, soit des déchets non infectieux issus des soins donnés aux patients, des labos, des services médico-techniques, de l’alimentation récupérée des sections de soins (en clair, ce que les patients laissent sur leur plateau). À la classe B1, appartiennent également le verre non infectieux (bouteilles, flacons, ampoules…cassés ou non). Les déchets médicaux de classe B2 correspondent aux déchets infectieux, issus des soins donnés aux patients, avec des agents pathogènes multirésistants ou transmis par la sang, des résidus anatomiques, des déchets cytostatiques (médicaments), des déchets PCT, des vaccins à souches vivantes. Cette catégorie comprend aussi tous les éléments qui sont utilisés pour la rédaction et la réalisation des dossiers médicaux. Classe B2 fortement fractionnéeBien que la classe de déchets B2 équivaut en résumé aux déchets infectieux, elle se compose en réalité d’une quantité de fractions. Les déchets médicaux de classe B2 doivent être déposés dans des sacs jaunes spécifiques ou dans des boîtes en carton (avec différentes capacités en fonction du volume de déchets à éliminer). L’évacuation s’effectue dans des sacs qui satisfont aux normes ADR. Les déchets qui sont susceptibles de transpercer un sac poubelle (par ex. des ventouses, des sets de dialyse, des ciseaux, des pinces en métal…) doivent être évacués dans des containers jaune en plastique rigide. Ces containers jaunes sont aussi utilisés pour les déchets infectieux issus des laboratoires microbiologiques ou des salles d’opération (lorsqu’ils peuvent transpercer des sacs ou des boîtes), les déchets biologiques et les fines aiguilles. Les objets coupants et contendants (seringues d’injection, pipettes, lames de scalpel…) sont provisoirement stockés dans des conteneurs spéciaux avec la mention ‘BIO’, qui précise qu’il est impossible de les réutiliser. Ces conteneurs sont évacués en accord avec la législation sur le transport des matières dangereuses (ADR). Les médicaments sont collectés dans des conteneurs jaunes en plastique rigide, ou dans des boîtes en carton qui sont déchargés dans un sac jaune selon la réglementation ADR. Les produits chimiques sont essentiellement issus des laboratoires et sont soumis à des procédures spécifiques. Pour les déchets radioactifs, l’UCL possède son propre département de traitement. Rudy Rimeau : ‘Le traitement des déchets de classe B2 constituait déjà un défi avant la crise du Coronavirus. Mais, suite à la pandémie, le volume de déchets B2 a triplé, voire quadruplé. La fréquence d’enlèvement est passée d’un fois par semaine à un retrait tous les deux jours. De plus, en raison de la crise sanitaire, une grande partie de ce qui était autrefois considéré comme des déchets B1, a soudainement été classifié B2. Pour de nombreux autres hôpitaux, les frais ont considérablement augmenté, étant donné le

.
.