La ‘workplace experience’ a connu une énorme évolution ces dix dernières années. Si elle était initialement concentrée sur la prestation de services facilitaire la plus élémentaire, l’émotivité s’est entretemps immiscée et la perception de l’ambiance globale de l’environnement de travail prend aujourd’hui le dessus. Le Facility Manager a suivi cette évolution et est un ‘workplace experience manager’. Outre la perception de l’environnement de travail, il y a souvent le développement d’une ‘community’. Dirk Van den Steen, Head of Commercial Excellence chez ISS: « La contribution du Facility Management à cette perception est très différente du support opérationnel via le bâtiment. Par ailleurs, la formation d’une communauté implique les familles, les voisins et les communes ». Le ‘bureau’ est l’endroit où les collaborateurs et leurs collègues ‘forment l’entreprise’, l’identité et la culture de l’organisation prennent forme. Le Facility Management a un lien direct avec l’environnement de travail et sa perception. Si en 2019, le télétravail était limité à 4 à 5%, la pandémie de Covid-19 l’a porté à 90% et plus cette année. En conséquence, le poste de travail ‘échappe’ au Facility Manager. Quel impact le corona a-t-il sur le poste de travail et le Facility Management?AdaptatifDirk Van den Steen se réfère aux dernières études Leesman sur le télétravail: « Après une première vague, le support technique du télétravail a été perçu comme très bon. La productivité à domicile a obtenu un score de 60,6%. Fin août, un nombre plus élevé de participants portait la productivité à domicile à 82% contre 62,8% seulement pour l’environnement de bureau traditionnel, ce qui démontre clairement que le télétravail est largement adopté. » En tant que fournisseur de services, ISS a été mis à rude épreuve, surtout sa branche catering. « Le catering contemporain avec ses buffets attractifs, de la convivialité et une atmosphère intime est pratiquement en contradiction avec les mesures corona utiles », explique Dirk Van den Steen. « Un flux ordonné de visiteurs disloque les concepts actuels. Les volumes plus petits compromettent la rentabilité. Et n’oublions pas l’influence majeure du catering sur la perception du poste de travail. » Il y a quelques années, le catering était dans une phase transitoire avec la régression du catering subsidié et la nécessité qui en a découlé de rechercher un modèle de revenus. Dans le contexte actuel, on se demande de plus en plus, côté employeur, s’il faut encore proposer du catering. A côté de cela, les projets ont augmenté chez le prestataire de services. Dirk Van den Steen: « Il s’agissait principalement de désinfecter et de sécuriser les postes de travail, d’évaluer et de réorganiser la circulation dans les immeubles de bureau. » Retour au bureau?!?Les derniers mois ont montré que le bureau avait toujours sa place. « Accueillir des nouvelles personnes n’est pas possible depuis la maison », poursuit Dirk Van den Steen. « La collaboration créative exige un contact en face à face. Les personnes qui s’embarquent dans un projet, visent une promotion, … veulent être vues. » Il est nécessaire de mieux connaitre et comprendre l’environnement de bureau. L’IoT est à cet égard un instrument important qui contribue aussi à une sécurité accrue. « La prestation de services doit être plus dynamique selon l’utilisation », fait remarquer Dirk Van den Steen. « Quiconque vient au bureau doit recevoir la communication que l’endroit est sûr. Tester l’environnement de travail en termes de sécurité sanitaire est bien plus qu’un contrôle de nettoyage habituel. Comme il y a moins de personnes au bureau, des économies peuvent être réalisées en partie sur le nettoyage, ce qui libère un budget pour la sécurité sanitaire accrue nécessaire. » Avec la pandémie de Covid-19, le poste de travail entre dans un nouveau monde. Il ne vit que lorsqu’il y a des personnes, il ‘façonne’