Environ un quart des PME belges (comptant jusqu'à 250 employés) s'attendent à ce que leurs employés réclament cette année un "droit à la déconnexion" et un horaire variable toutes les deux semaines. Une personne sur cinq s'attend à ce que la demande fasse passer la semaine de travail de cinq jours à quatre jours. C'est ce que révèle une enquête réalisée par SD Worx auprès de 612 chefs d'entreprise et responsables du personnel de PME.
De tous les instruments faisant partie de l'accord sur le travail (mi-juin 2022), avec lesquels le gouvernement veut assurer plus de flexibilité, les entrepreneurs des PME s’attendent le plus à une demande au « droit à la déconnexion » et à la semaine de travail hebdomadaire variable. Un quart, soit 24,1%, affirme qu'il y aura une demande certaine de « droit à la déconnexion » dès 2022. La demande est plus élevée dans les secteurs des services (25,3%) et plus faible dans le secteur secondaire (17,9%). De plus, près d'un quart (23,9%) des PME belges s'attendent à une demande pour un régime de travail hebdomadaire variable (aussi parfois appelé régime de coparentalité). Ce pourcentage est plus élevé pour les PME de plus de 50 employés (40%) et encore davantage pour les PME de plus de 100 travailleurs (48%).
Travailler autrement
Environ une PME sur cinq (22,5%) s'attend à ce que la demande pour la semaine de quatre jours, où un salarié ne travaille plus cinq jours de huit heures, mais quatre jours de 9,5 heures, augmente tôt ou tard en 2022.
Cela correspond aux enquêtes menées auprès des employées, dans lesquelles environ quatre salariés sur dix indiquent qu'ils souhaiteraient travailler moins de jours, mais plus longtemps. Les hommes (41%) sont plus concernés que les femmes (33%) par cette observation. Cette mesure est également plus populaire au sein des grandes PME qu’auprès de celles comptant moins de 50 travailleurs (<35%).
42% des PME considèrent que la flexibilité des horaires de travail est un instrument qui sera pour sûr, ou au moins certainement, demandé. Il s'agit de la formule de flexibilité gagnante, bien qu'elle ne fasse pas réellement partie du paquet de l'accord de travail.
Un cadre juridique relatif aux heures de travail mobiles existe depuis un certain temps déjà. Cette juridiction permet ainsi son introduction au niveau de l'entreprise, sous réserve de conditions spécifiques. Un aménagement du temps de travail signifie que le salarié choisi quand la journée de travail commence et s'arrête, dans le cadre des accords conclus au sein de l'entreprise.
Jean-Luc Vannieuwenhuyse, expert juridique chez SD Worx : « L'accord sur le travail a le mérite de rendre plus concrète la flexibilité de l'organisation du travail. Il suffit de penser à l'exemple concret d’un régime de travail hebdomadaire variable pour les parents en situation de coparentalité. Près d'un quart des entrepreneurs de PME s'attendent à une demande en ce sens, en 2022. Nous voyons des employeurs qui sont ouverts aux besoins de leurs salariés. Ils réfléchissent à de nouvelles formules, pour attirer de nouveaux talents en période de pénurie par exemple. Ils veulent des personnes qui s'intègrent dans l'entreprise, pour ensuite les garder. Il s'agit de répondre aux attentes de l'individu sans oublier l'équipe ; de même que trouver un compromis avec une flexibilité adaptée à l'entreprise et à l'équipe. »