Dans certains pays, le tiers-lieu de travail - un lieu de travail entre le domicile et le bureau - a connu un grand succès depuis la levée des confinements. Dans notre propre pays, la croissance est plutôt modeste, avec +8 à 10% sur la période 2021 – 2022, mais un engouement se fait jour autour du troisième lieu de travail. Les fournisseurs de tiers-lieu de travail s'attendent à communiquer prochainement des taux de croissance de +15-20%. Le marché belge des bureaux se montre assez stable avec 25 millions de mètres carrés de bureaux, permettant de loger plus d'un million de travailleurs de bureau. Bruxelles s'y partage un peu plus de 13 millions de mètres carrés ; Anvers 2,175 millions de mètres carrés, Gand 1,5 million de mètres carrés et le quatuor Liège-Malines-Louvain-Namur totalise 2,055 millions de mètres carrés.
En outre, il existe 319 "centres d'affaires" (Business Centers), représentant 700 000 m² d'espace de bureaux, et 220 espaces de coworking, offrant plus de 100 000 m² d'espace.
William Willems, directeur général régional Belgique-Luxembourg d'IWG, a déclaré lors de l'événement Agoria ‘Les bureaux du futur aujourd'hui’ : « Le troisième lieu de travail a un grand potentiel pour l'avenir, car aujourd'hui tout le monde a la technologie nécessaire dans sa poche pour travailler en dehors du bureau, en particulier le smartphone. Pas moins de 75% pensent positivement à l'intégration du travail hybride dans leur propre organisation et 76% des employés de bureau belges souhaitent un lieu de travail proche de leur domicile, ce qui pour 44% d'entre eux est associé à une réduction significative du stress perçu ».
Le temps de déplacement est un facteur de stress important
Le travail à domicile s'est certes imposé à la suite de la pandémie de Covid-19, mais 69 % des employés de bureau déclarent également se sentir seuls à la maison, vouloir aller au bureau de temps en temps ou une option entre les deux... « Un trajet de 15 minutes est perçu comme idéal », explique William Willems. « Il s'agit explicitement de temps de déplacement, pas de distance. Cela signifie qu'il faut rapprocher la vie et le travail. Les employés attendent un maximum de flexibilité et un troisième lieu de travail répond à ce besoin en offrant une option supplémentaire en plus du travail à domicile et du déplacement au bureau ».
La limitation du temps de trajet entre le domicile et le lieu de travail permet d'améliorer l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, d'accroître la productivité et est également respectueux de l'environnement. Selon une étude d'EY, le travail hybride permettrait également d'économiser 11 000 dollars par employé en raison de la réduction de la surface nécessaire au siège social.
Réseau belge
L'offre belge d'espaces de coworking est répartie sur 47 sites dans 21 villes ou communes. Regus est l'acteur le plus important avec 27 sites et 52 521 m² de surface de bureaux, soit un peu plus de la moitié des 101 000 m² que représentent les tiers-lieux de travail du pays. Viennent ensuite les ‘Spaces’ avec 12 sites, représentant 43 246 m².
Le fait que l'offre belge d'espaces de coworking soit majoritairement composée de quelques acteurs majeurs a l'avantage d'une professionnalisation poussée. Les utilisateurs disposent d'une technologie intégrée pour leur durée de séjour avec une adresse IP unique pour la connexion au réseau, l'accès, l'impression, etc. Les réservations de poste de travail ou salle de réunion peuvent être organisées via une application, ainsi que diverses opérations de paiement.
Les directeurs financiers voient dans l'expansion du travail hybride une opportunité de faire face aux difficultés économiques. Par exemple, 91 % voient une récession approcher et 97 % s'attendent à ce que des économies soient nécessaires. Une économie moyenne de -12% est évoquée