21/09/2026

Mise en oeuvre de la taxonomie de l’UE pour les bâtiments

Personne ne doute aujourd’hui que miser sur le développement durable et sur des bâtiments performants soit la bonne voie. Mais comment s’y prendre au mieux ? La question fait débat, car le développement durable comporte d’innombrables facettes, peut être atteint de multiples manières, et s’accompagne d’une grande diversité de définitions et de systèmes de valeurs. Pour apporter davantage de cohérence, l’Europe a élaboré la taxonomie de l’UE. Gilles Vanvolsem du Belgian Green Building Council a expliqué lors d’un webinaire belfa ce que cela signifie concrètement pour le secteur de la construction et du facility management.

La taxonomie de l’UE a été lancée en 2020 dans le cadre du Green Deal européen. « À travers le Green Deal, l’Europe met à disposition des ressources pour des investissements durables. Afin de les allouer correctement, un système de classification uniforme était nécessaire », a déclaré Gilles Vanvolsem. « Cette taxonomie de l’UE s’applique à plus d’une centaine d’activités économiques dans divers secteurs. »

Six objectifs environnementaux

La taxonomie de l’UE s’articule autour de six objectifs environnementaux prioritaires : l’atténuation du changement climatique, l’adaptation au changement climatique, l’économie circulaire, la biodiversité, l’utilisation durable de l’eau, la prévention et la lutte contre la pollution. « Pour être qualifiée de durable, une activité doit contribuer de manière substantielle à au moins un de ces six objectifs, n’avoir aucun impact négatif sur les autres, et respecter à la fois un ensemble de critères techniques et les droits de l’homme. »

Bâtiments durables

Les critères ne sont pas identiques pour toutes les activités. Il est ainsi établi que la construction neuve, la rénovation, l’exploitation et l’acquisition de bâtiments ne peuvent être prises en compte dans la taxonomie de l’UE que si elles apportent une contribution substantielle à l’atténuation du changement climatique, à l’adaptation au changement climatique ou à l’économie circulaire. Gilles Vanvolsem: « Les critères techniques sont en principe fixés mais l’Europe n’est pas toujours très claire quant aux pièces justificatives. En collaboration avec nos membres, nous avons donc tenté, au sein du Belgian Green Building Council, de transposer ces exigences de la manière la plus pragmatique possible au contexte belge. Notre guide ‘EU Taxonomy Guidance for Buildings in Belgium’ reprend de l’information sur les exigences à respecter en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles pour obtenir la certification de bâtiment durable, ainsi que sur les documents à fournir à chaque étape. Nous veillons également à y intégrer les évolutions apportées à la taxonomie de l’UE. »

Un repère

La taxonomie de l’UE a été initialement élaborée pour rationaliser le financement et joue un rôle central dans les obligations de reporting des grandes entreprises. En d’autres termes, tout le monde ne sera pas tenu de s’y conformer immédiatement. « Il est toutefois judicieux de s’y préparer, même en l’absence d’obligations », estime Gilles Vanvolsem. « C’est un moyen sans équivoque de démontrer la durabilité d’un bâtiment. D’une part, cela peut servir de repère dans les relations commerciales ; d’autre part, d’autres législations s’y aligneront à l’avenir. » Pour les facility managers, la taxonomie de l’UE offre avant tout un cadre permettant de structurer les efforts de développement durable, de démontrer les performances et de se préparer aux futures obligations de reporting. »

Vous trouverez davantage d’information ainsi que le guide gratuit EU Taxonomy Guidance for Buildings in Belgium sur le site web du Belgian Green Building Council.

Par Elise Noyez