Facility Awards: The Marnix - un héritage historique dans une interprétation contemporaine
Icône moderniste des années ’60, The Marnix n’était pas un lieu nouveau pour ING. Depuis l’acquisition de BBL en 1997, le bâtiment accueillait déjà plusieurs départements de la banque. ING avait également emménagé dans un second bâtiment à Etterbeek. Dans la recherche d’un siège régional à Bruxelles, plusieurs scénarios avaient été envisagés, et le choix s’est finalement porté sur la réhabilitation du bâtiment historique. Les quatre piliers qui avaient inspiré le concept original de l’architecte Gordon Bunshaft – innovation, transparence, bien-être et art – ont servi de fil conducteur.
De grandes ambitions
Dès le départ, les ambitions étaient grandes, et la complexité du projet l’était tout autant. Il fallait relever les défis inhérents à une rénovation d’envergure au cœur de Bruxelles, tout en gérant une logistique délicate liée à une remise en service par phases. En mai 2021, alors que les phases de conception et d’études étaient en cours, il a fallu tenir compte de l’inscription du bâtiment sur la liste du patrimoine culturel bruxellois. Après concertation avec les autorités compétentes, il a finalement été possible de concilier le respect du patrimoine et l’objectif d’une rénovation durable. Celle-ci - comprenant notamment une isolation poussée, 1.286 nouvelles fenêtres, 1.000 m2 de panneaux photovoltaïques, des pompes à chaleur et des groupes frigorifiques de dernière génération, des toits verts et un système de récupération d’eau de pluie de 200 m3 - a permis d’obtenir la certification BREEAM la plus élevée (Outstanding). Les émissions de CO2 sont réduites de 76%.
Répartition dynamique des postes de travail
The Marnix fait figure de pionnier dans bien des domaines. La superficie occupée par ING est passée de 110.000 m2 à seulement 50.000 m2. Le nombre de poste de travail a été ramené à 2.200, répartis sur sept étages. À quelques exceptions près, tous sont aménagés selon le même principe : des bulles de maximum douze postes paysagers, séparées les unes des autres par de petits espaces de travail fermés et des salles de réunion. Au niveau des noyaux de circulation centraux, un espace de travail et de rencontre informel est aménagé, tandis que des portes astucieusement positionnées permettent de fermer certaines zones si nécessaire, créant une véritable ‘muraille de Chine’.
Une forme particulière de travail flexible a été mise en place pour attribuer une place aux 5.000 collaborateurs, en tenant compte des jours de télétravail et d’éventuels conflits d’occupation. Les départements sont considérés comme un ensemble cohérent, mais ils n’occupent plus d’emplacement fixe dans le bâtiment. Les collaborateurs d’un même service peuvent se trouver au premier étage un jour, puis au cinquième le lendemain. Si un collaborateur, en raison de circonstances particulières, s’écarte de son programme de télétravail et ne trouve pas de place dans la zone attribuée, il peut s’installer dans la ‘free booking zone’ au septième étage. Pour éviter tout désagrément, l’occupation est mesurée à l’aide de capteurs et communiquée en temps réel via un système d’affichage numérique. Prochainement, l’attribution des places s’adaptera automatiquement aux besoins évolutifs, en fonction des données collectées.
Bien-être et qualité
Si le nombre de postes de travail a été réduit, la qualité a, elle, été radicalement améliorée. Les bureaux, ergonomiques, sont équipés d’un éclairage biométrique qui s’adapte notamment aux tâches et à l’heure de la journée. Un patio donnant sur la rue du Trône ainsi que le nouveau puit de lumière dans le volume reliant les deux ailes du bâtiment amènent la lumière naturelle au cœur du site. La combinaison d’éléments design en noyer et de plantes vivantes crée une ambiance chaleureuse et sereine. La moquette et les tissus d’ameublement assurent une acoustique optimale. Le système de gestion du bâtiment contrôle les paramètres comme la température et la qualité de l’air. Le volume de liaison des deux ailes est aménagé en un espace de détente et de rencontre, avec des casiers, des assises confortables et de petits amphithéâtres ouverts qui connectent les étages entre eux. Il y a une salle de fitness, un parking pour les vélos classiques et les modèles cargo, ainsi que des douches. Au rez-de-chaussée, un barista prépare des spécialités de café et le restaurant propose une carte variée, allant des viennoiseries aux repas chauds. L’espace VIP est doté d’une cuisine distincte, dirigée par un chef étoilé.
Les nombreuses interventions visant à optimiser le bien-être et l’expérience des collaborateurs ont valu à ING une certification WELL Platinum dès la phase de conception. Le facility management veille à ce que les normes strictes soient appliquées au quotidien. Deux responsables de site supervisent l’ensemble et collaborent avec les fournisseurs afin de passer du simple accomplissement de tâches à une garantie de qualité.
L’individu au centre
The Matrix s’inscrit dans la vision de Gordon Bunshaft et Léon Lambert. Il ne s’agit pas d’un archétype du bâtiment bancaire fermé mais d’un lieu ouvert sur la ville, où l’individu et la mobilité douce occupent une place centrale. La présence marquante d’œuvres d’art de la collection d’ING ainsi que l’ajout de nouvelles fonctions au rez-de-chaussée et au meeting center au niveau -1 - notamment un foyer, des salles de réunion et un auditoire - ont nécessité la réinterprétation de la circulation, de la sécurité et de l’expérience visiteur.
ING a mis en place une réception dynamique, où les hôtes et les hôtesses réservent un accueil chaleureux à chaque entrée du site. La technologie intelligente apporte un soutien supplémentaire, en permettant par exemple aux visiteurs enregistrés d’accéder aux ascenseurs et aux zones pertinentes via un code QR. Ce projet illustre le dialogue entre l’ancien et le nouveau, entre l’individu et la haute technologie.
photos : ING