Recharge rapide: à éviter ou inévitable ?
À l’époque où le diesel était le carburant de prédilection, notamment pour les grands rouleurs, son prix restait relativement stable. Avec la recharge électrique, les entreprises sont désormais confrontées à un manque de transparence et de prévisibilité des coûts. Les coûts réels de recharge et leur maîtrise sont devenus des préoccupations majeures pour les responsables de la mobilité.
Le TCO remis en cause?
Aujourd’hui, près de 50% des gestionnaires de flotte citent le TCO comme principal critère de sélection lors du choix d’un véhicule. Pour rappel, le TCO prend en compte le coût mensuel du leasing opérationnel, la consommation (carburant ou électricité), la contribution CO2, la TVA non récupérable, ainsi qu’un ensemble d’autres paramètres propres à chaque méthode de calcul.
Or, les coûts très fluctuants de la recharge des VE constituent une menace directe pour la stabilité de ce TCO. Les tarifs peuvent varier d’une recharge à l’autre. À titre indicatif :
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0,22 €/kWh pour la recharge au travail;
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0,35 à 0,55 €/kWh pour la recharge (lente) en CA
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0,55 à 0,80 €/kWh pour la recharge rapide en CC.
Le prix payé pour la recharge publique dépend de la carte de recharge, de l’exploitant de l’infrastructure ou encore des formules d’abonnement. À cela peuvent s’ajouter des coûts cachés comme les frais de connexion, les frais de stationnement aux bornes en voirie, etc.
En résumé : la composante ‘consommation’ du TCO peut rapidement voir son coût multiplié par trois !
Attention portée à la politique de flotte
Bien qu’environ un quart des entreprises n’aient pas encore intégré de règles concrètes dans leur politique de flotte pour maîtriser les coûts de recharge, un peu plus d’un quart indiquent y réfléchir sérieusement. De plus, un autre quart a déjà mis en place des règles pour encadrer ces coûts.
Actuellement, deux tiers des entreprises autorisent encore la recharge illimitée sur le territoire national. À court terme, on envisage toutefois de la limiter à un plafond ou à un montant mensuel, un volume d’énergie (kWh par mois), voire l’exclusion de la recharge rapide.
Il faut également garder à l’esprit que les utilisateurs qui rechargent leurs véhicules sur des bornes publiques risquent de perdre un temps considérable, ce qui représente aussi un coût pour l’employeur.
Qu’est-ce que la recharge rapide ?
La recharge rapide correspond à une charge en courant continu (CC) par opposition à une charge en courant alternatif (CA). Cette dernière s’effectue généralement à une puissance de 11kW pour les bornes publiques, avec un maximum de 22kW. La recharge à domicile varie entre 3,7 kW et 11 kW.
À partir de 50kW, on parle de recharge rapide, mais la capacité de recharge disponible varie considérablement. Actuellement, l’offre est large et s’étend de 150 à 300 kW. Attention toutefois : la puissance de recharge ne peut jamais dépasser la capacité maximale acceptée par le véhicule ! De plus, la courbe de recharge n’est pas constante : elle présente un pic, parfois précédé d’une phase d’accélération, après quoi la puissance diminue.
Par Eduard Coddé
Coup d’oeil au-delà des frontières
En Allemagne, de nombreux détaillants se sont lancés sur le marché de la recharge (rapide), souvent à des tarifs très avantageux. Quelques exemples :
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Ikea: 50 à 75kW à 0,46 €/kWh – 76 à 400kW à 0,55 €/kWh pour les détenteurs de la carte ‘Ikea Family’.
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Aldi Süd: 50kW à 0,44 €/kWh - >150kW à 0,47 €/kWh.
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McDonalds: 0,52 €/kWh pour la recharge rapide, quelle que soit la capacité de charge.
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Lidl: 50kW et plus à 0,44 €/kWh- >150kW à 0,47 €/kWh.
On peut donc espérer une baisse des prix de la recharge rapide. De plus, l’offre proposée par ces grandes enseignes permet de limiter la perte de temps puisque les courses et la recharge sont synchronisées.