Évoluer d’un service d’appui à un écosystème orienté et guidé par les données
Le Rapport des tendances en Facility Management en Belgique a vu le jour il y a dix ans. À travers cette publication, belfa - alors IFMA Belgium – veut attirer l’attention sur la profession, sensibiliser les pouvoirs publics et les organisations au rôle et à la réalité du travail de l’équipe facilitaire et informer les professionnels du FM des grandes tendances et évolutions dans leur domaine. Ces ambitions caractérisent le Rapport des tendances en Facility Management 2025, même si le président de belfa, Vincent Giot, évoque une autre aspiration dans son avant-propos. « [Avec ce rapport de tendances] Nous voulons vous inspirer et vous rappeler que votre rôle est important, que votre expertise est essentielle et que, collectivement, nous faisons progresser la profession. »
Un pilier stratégique central
Le nouveau Rapport des tendances en Facility Management indique que le chiffre d’affaires du marché belge du FM dépassait les 9 milliards d’euros en 2024, soit 1,48% du produit intérieur brut. Bien que cela représente une hausse par rapport à 2022 (1,07%), elle demeure faible. À titre de comparaison, le marché du FM aux Pays-Bas représentait 2,34% du PIB en 2024.
Les données partielles révèlent toutefois une évolution notable, à savoir une baisse du taux d’externalisation. Cette tendance traduit une professionnalisation accrue et un renforcement de la gestion interne dans les organisations. Les facility managers se voient confier des responsabilités plus larges et plus stratégiques. L’étude qualitative confirme cette dynamique. Les enquêtes et les entretiens montrent que le FM, au cours des dix dernières années, est devenu un pilier stratégique au sein des organisations. Au lieu d’être un ensemble de services d’appui, il fonctionne désormais comme un écosystème multidisciplinaire qui, de concert avec des départements comme les RH et l’IT, contribue à la pérennité de l’organisation.
Un environnement de travail attrayant est indispensable
L’un des domaines dans lesquels les professionnels du FM devront démontrer leur plus-value stratégique dans les années à venir est la création d’un environnement de travail agréable et attrayant. La guerre des talents est loin d’être terminée, et les attentes en matière de bien-être, de confort et de flexibilité continuent de croître. Si les RH définissent généralement le cadre (c’est-à-dire la culture, les objectifs de bien-être et les possibilités offertes), il revient au FM de faciliter et de concrétiser ces ambitions via un agencement agréable, des technologies adaptées et des services efficaces.
Le Rapport des tendances en Facility Management cite plusieurs mesures que le facility manager peut prendre. Une attention portée au mobilier ergonomique et l’intégration d’éléments naturels en suffisance sont perçues comme des opportunités permettant d’améliorer le bien-être. Il en va de même avec la personnalisation de l’éclairage et du climat intérieur via des applications et des capteurs. L’aspect social mérite aussi une attention particulière. Les outils numériques offrent de multiples possibilités pour maintenir le lien entre les collègues et l’organisation, y compris dans un contexte de travail hybride.
Une utilisation plus intelligente de l’énergie
Malgré quelques assouplissements récents de la réglementation européenne, les entreprises continuent de ressentir la pression pour s’engager dans l’écologisation et l’efficacité énergétique. Cette pression est alimentée par les prix de l’énergie, les objectifs internes de développement durable et la volonté de renforcer l’image écoresponsable. Certains professionnels du FM font de la réduction des émissions de CO2 et de la consommation d’énergie une priorité. Nombre d’entre eux accompagnent la transition vers les sources d’énergie renouvelables, et certains se préparent même à l’intégration de systèmes de stockage d’énergie.
Des efforts sont déployés pour éviter toute consommation d’énergie inutile, par exemple en coupant le chauffage et l’éclairage en dehors des heures de travail. Dans les années à venir, il faudra toutefois aller plus loin, notamment par une gestion active de l’énergie et une automatisation avancée permettant d’optimiser le confort et l’efficacité énergétique. Les mesures en temps réel, les compteurs intelligents et le sous-comptage constituent la base de cette approche. Le facility management devra également se concentrer sur l’analyse des données collectées, l’intégration de plateformes de gestion de l’énergie et une maintenance adaptée, tant pour les installations techniques que pour les innombrables capteurs et automatisations permettant un contrôle intelligent. Par ailleurs, les facility managers peuvent aider leur organisation à mieux comprendre les mesures de soutien et les stratégies de financement, ainsi que le coût total de possession des solutions envisagées.
La technologie apporte de nouveaux défis
Il est clair que la technologie devient un outil essentiel pour le facility manager. Elle joue un rôle dans l’optimisation de l’environnement de travail et l’organisation, d’une part, la consommation d’énergie et autres processus opérationnels, d’autre part ; mais aussi dans les tâches propres au FM qui peuvent gagner en efficience grâce à des applications intelligentes. En automatisant certains processus - comme l’attribution de tickets - le facility manager a plus de temps à consacrer à des tâches de qualité.
L’importance croissante de la technologie s’accompagne de nouveaux défis. Prenons l’exemple de la cybersécurité. Bien que celle-ci relève principalement du département IT, le nombre croissant de solutions numériques dans le domaine du FM oblige les équipes facilitaires à s’y intéresser. Le FM s’efforce de sensibiliser, d’inventorier et d’évaluer les risques liés aux installations techniques, et d’intégrer des exigences de cybersécurité dans les nouveaux contrats.
Enfin, l’analyse des données constitue un défi de taille. Les outils numériques permettent de collecter d’énormes quantités de données, mais tout l’art consiste à les interpréter. Sans analyse, les données n’ont aucune valeur. Ce n’est donc pas un hasard si 70% des départements facilitaires indiquent que l’analyse des données va devenir une compétence essentielle du facility management. C’est la seule manière d’identifier les points sensibles et les schémas récurrents, et de prendre des décisions éclairées pour élaborer une stratégie facilitaire durable, fondée sur les données.
Riche en informations et véritable source d’inspiration pour les professionnels du FM, le Rapport des tendances en Facility Management 2025 peut être consulté en version numérique via le site trendrapport.belfa.be.