Facility Awards: Ethias a parié à nouveau sur l’humain, l’interne et l’audace
Facilities et “change management”, Sébastien Laporte connaît. “Mais pour nombre de mes collègues et moi-même, réaliser ce nouveau siège Rives Ardentes de Ethias à Liège restera le projet-phare d’une carrière”, souligne avec fierté le Head of Organization Effectiveness - Facilities. Plutôt que de rénover son précédent siège dans l’hypercentre de Liège, le groupe d’assurances a décidé en 2021 de s’offrir un bâtiment tout neuf. Le choix se porte alors sur l’écoquartier Rives Ardentes en gestation sur l’ancien site de Coronmeuse. La construction du nouveau siège wallon de 16000 m2, confiée au consortium Neo Legia, débute en 2023 pour emménagement du millier d’employés le 27 mars 2025.
Un projet pensé par et pour les collaborateurs
Un tour de force ! Car Ethias a tenu à gérer elle-même de A à Z avec les architectes de Jaspers & Eyers mais sans recours à des consultants extérieurs, le design, l’aménagement, la mise en place de nouvelles manières de travailler… “C’est le personnel d’Ethias qui a (comme à Hasselt) accompagné le personnel d’Ethias. Toute la réflexion a été menée avec, pour et par lui. Tant la philosophie du projet, le changement des mentalités, le space planning, les finitions (tapis, mobilier, bureaux), que le déménagement. Une telle transition est une aventure trop intime, culturelle, propre à notre entreprise pour la confier à des personnes extérieures”, justifie Sébastien Laporte.”
Saut qualitatif
L’approche atypique a vite produit des effets positifs. Pour souder le personnel et l’embarquer dans l’aventure mais aussi pour effectuer un bond qualitatif majeur en termes de “change”. Jusque fin 2019, le coefficient d’occupation était de 1,1 bureau par personne, aujourd’hui il est de maximum 0,7 ! En parallèle, le switch a consacré la culture du homeworking, du flex desk et le clean desk. Les infrastructures audiovisuelles et digitales ont aussi été largement boostées, uniformisées, et la connectivité, généralisée. Equipements plug-and-play à chaque poste, salles équipées de technologies intégrant déjà l’I.A., etc.
Sur le plan énergétique, les nouveaux bâtiments sont entièrement décarbonés : à Hasselt, via géothermie et à Liège, le siège est raccordé au chauffage urbain alimenté par l’incinérateur de Herstal. Pompes à chaleur, panneaux solaires, domotique avancée: tout le pilotage est centralisé. Détecteurs de présence ou d’absence pour l’éclairage, gestion intelligente de l’air selon l’occupation, stores automatisés couplés à des stations météo pour optimiser les apports solaires selon les saisons.
Objectif : consommer le moins possible, sans compromis sur le confort. “On rend les bâtiments plus agréables pour notre personnel et plus performants niveau durabilité. Différence majeure : nos propres équipes sont 100% à la manœuvre. Ce sont vraiment ces compétences et cette capacité internes qui font le succès de nos bâtiments”, savoure Sébastien Laporte.
Spontanéité à tous les étages
Le mot-clé du nouvel ancrage est “spontanéité”. Dans les contacts, les déplacements, les réunions, les échanges. Pour cela, Ethias a osé casser le moule traditionnel de tours de bureaux à étages identiques reliés par un ascenseur central. “En réponse au travail hybride, on a voulu donner aux membres de notre personnel plus de chances de se croiser qu’avant : autour de notre merveilleux Barista du hall central, dans une des agoras dont chaque étage dispose ou dans les couloirs, détaille le responsable. Pour favoriser cela, nous avons doté notre nouveau bâtiment d’une circulation atypique. Aucun étage n’est identique à un autre, ni dans sa disposition, son mobilier, son nom ou ses accès. Certains étages couvrent tout le bâtiment, d’autres seulement une partie. Pour rejoindre certains, il faut passer par un autre étage, changer d’ascenseur. Cela permet de se connecter spontanément en live à d’autres collègues et d’échanger autrement que par Teams. Les effets positifs de ces circulations sont indéniables”, se réjouit le spécialiste “Organization Effectiveness”.
Arborescence originale
Et oui, un étage n’est pas l’autre. Seul lien entre tous, une thématique arbres/végétation, déclinée dans le nom des étages (de Edelweiss à Baobab), les couleurs utilisées, les designs muraux avec apports acoustiques ou le mobilier. Chaque étage a sa propre identité, sa propre disposition des espaces, sa propre signalétique, etc. Seul point vraiment commun : “adieu les petites kitchenettes au profit d’un espace agora multifonctionnel - un ou deux par étages. Un lieu pour parler, boire un café, tenir une réunion. Cela force les services d’une même zone à se rencontrer… spontanément”, pointe Sébastien Laporte. Sans oublier le grand et accueillant resto d’entreprise.
Nouvelles opportunités
Les expériences d’Hasselt et de Rives Ardentes ont aussi créé de nouvelles opportunités de change humain. “Davantage de workshops se passent sur site car nous disposons de plus de salles qui s’y prêtent, des espaces créatifs et polyvalents, un petit auditoire... Quasi toutes nos réceptions, séminaires, conférences se font désormais en interne, note le responsable. Nouveauté, de plus en plus de nos clients B2B demandent d’organiser leurs events ici. Une team attachée à la Direction générale organise ces events “extérieurs” et fait appel aux Facilities pour prévoir l’accueil de plus de 200 personnes dans le lobby, avec walking dinner.”
Le projet, basé sur l’humain, a aussi eu un effet levier sur l’évolution interne de plusieurs collaborateurs. Suite à l’automatisation ou externalisation d’activités, des collègues ont été reconvertis dans des fonctions Facilities à plus haute valeur ajoutée. Et au cœur du lobby, la création de l’ilôt Barista a permis à Gabi, ex-commis de cuisine, de devenir l’incarnation de ce somptueux coffee corner d’abord envisagé temporaire mais devenu permanent vu son succès.
Enfin, la volonté de notre CEO d’accentuer la présence de l’art dans nos nouveaux bureaux a fait d’autres heureux. “Nous voulons inclure des œuvres dans le quotidien de notre personnel. Nous disposons historiquement d’œuvres d'art et voulons encore en acquérir. La fin des archives physiques au sein du nouveau siège a libéré l’emploi du temps d’un collègue. Je me suis dit qu’avec ses compétences, il pourrait élaborer un inventaire des œuvres d’art d’Ethias. Il nous a remis un formidable catalogue digitalisé reprenant toutes nos œuvres d'art, leur localisation, comment les proposer aux collègues… On recycle, au sens noble du terme, nos collègues grâce aux nouvelles technologies et aux nouveaux besoins qui se créent”, se réjouit le Head of Organization Effectiveness and Facilities.
Photos: Fernand Letist