26/03/2026

Facility Awards: VITO, un laboratoire qui évolue au rythme de la recherche

Construire un nouveau bâtiment représente une étape importante pour de nombreuses organisations. Pour l’institut de recherche VITO à Mol, il s’agissait en plus d’un bond en avant indispensable. Le nouveau bâtiment ultramoderne de laboratoires et de bureaux s’étend sur 13.500 m² et est complété d’un hall pilote de 1.800 m². À la clé : une nomination aux Facility Awards.

Elke
Lamens

En quoi ce projet est-il si particulier ? D’après Pieter-Jan Haest (36), responsable du projet, la réponse réside dans une combinaison de complexité, de flexibilité et de vision. « C’est un projet techniquement très complexe. Il s’agit principalement d’un bâtiment de laboratoires, ce qui est très différent d’un immeuble de bureaux. Les aspects techniques y jouent un rôle déterminant. »
VITO a opté pour une approche collaborative, réunissant un architecte et un entrepreneur. Le département technique interne, composé d’une vingtaine personnes, a porté le projet. Pieter-Jan Haest a été recruté il y a quatre ans pour le diriger. Cet ingénieur en génie civil a apporté une solide expérience en matière de construction, acquise notamment chez BESIX Group. Il a débuté sa carrière au département de calcul.  « J’y ai appris à chiffrer un projet pour remporter des contrats. J’ai ensuite travaillé sur plusieurs chantiers, comme le R4 Zuid, l’achèvement du périphérique de Gand. Il s’agissait principalement de ponts et de routes. » Après deux ans, Pieter-Jan Haest a rejoint Besix Nederland pour réaliser le périphérique autour de Landgraaf et d’autres villages. Au bout de cinq ans, il s’est orienté vers ce pour quoi il avait étudié à la KULeuven : des projets de construction d’envergure, comme la Terraced Tower à Rotterdam, un bâtiment de 100 mètres de haut et 340 appartements. « Je travaillais principalement à la conception et il fallait fournir des documents prêts à être exécutés. La réalisation était ensuite confiée à des collègues. Travailler dans les délais imposés par l’entrepreneur était très stimulant. » De retour en Belgique, Pieter-Jan Haest a pris la responsabilité finale du projet Louise-Marie, du côté du Singel à Anvers, sur le site de l’ancien hôpital des enfants Louise-Marie. Vanhout, filiale de Besix à Geel, y a construit 207 appartements. Le projet a été livré en 2022. Il rejoint alors le VITO.

Étape par étape

« Ce qui manquait au VITO, c’était une expérience dans la construction neuve d’envergure. Le laboratoire de 13.500 m² abrite un hall pilote de 1.800 m² où l’on peut tester des configurations pilotes à une échelle bien plus grande », explique-t-il. « Cela demande de la place et des équipements lourds : une ventilation adaptée, des gaz spécifiques, des puissances électriques variables, etc. Nous sommes partis d’une page blanche. Les contrats, le financement, le phasage, les choix techniques : nous avons tout abordé étape par étape. » Une approche qui a porté ses fruits. Le projet a été livré dans les délais impartis de deux ans et demi, avec un budget d’environ 65 millions d’euros. Dès le premier jour de travail, le 15 janvier 2022, une réunion était organisée avec l’architecte. Le déménagement est en cours et devrait être achevé en juin.

Des bâtiments obsolètes, un concept pérenne

« Avec l’équipe de construction, nous avons étudié comment obtenir le meilleur résultat final possible en termes de qualité. Les bâtiments que nous occupons sont en grande partie un vestige de la collaboration avec le centre de recherche nucléaire SCK-CEN. Jusqu’en 1991, le SCK-CEN et VITO ne formaient qu’une entité. Suite à la régionalisation des centres de recherche, le VITO est devenu flamand, tandis que le SCK-CEN, en tant que centre nucléaire, est resté fédéral. Cela a entraîné une scission entre la recherche durable et la recherche nucléaire. Les bâtiments, datant des années ’50 et ’60, abritent un enchevêtrement de techniques qui ne se prêtent plus aux nouvelles technologies et infrastructures nécessaires pour mener des recherches durables. Nous avons atteint nos limites. Si vous voulez être un chef de file dans votre domaine, l’infrastructure doit refléter cette ambition et y contribuer. »
Certains domaines et certaines recherches ont connu une expansion, et il existait une grande diversité de chercheurs et d’équipes au sein d’une même unité. « Une communication fluide n’était plus possible dans le bâtiment obsolète. Nous avons voulu rétablir ce lien entre les équipes et favoriser les échanges, tant transversalement qu’au sein des unités. Certaines zones du nouveau bâtiment permettent par exemple aux collaborateurs de se rencontrer spontanément, ce qui est essentiel à la créativité et leur offre un cadre de travail agréable. »

Un concept intelligent, sans fioritures coûteuses

Le VITO a augmenté sa capacité de 60 pourcents, tout en conservant la même surface de bureaux. Les collaborateurs disposent d’un plus grand choix de postes de travail et ont découvert une nouvelle approche du travail flexible. « La véritable complexité ne réside cependant pas dans les postes de travail mais dans l’infrastructure des laboratoires. C’est là que nous nous distinguons » signale Pieter-Jan Haest.
Un outil clé du processus de développement a été le GRO, le référentiel flamand de durabilité holistique pour la construction. « Nous l’avons utilisé pour améliorer la qualité par un concept intelligent, sans budget supplémentaire », explique Pieter-Jan Haest. « En posant des choix de conception judicieux, on crée un bâtiment plus efficace et de meilleure qualité. »
Une nécessité car le principal défi consistait à anticiper les besoins futurs. Au VITO, un cycle de recherche dure cinq à dix ans. Passé ce délai, les besoins peuvent complètement changer : d’autres gaz, des installations plus lourdes, plus ou moins de capacité d’aspiration, d’autres puissances. « Tous les cinq à dix ans, l’aménagement d’une zone peut totalement changer. Il faut anticiper. »

Des techniques plug & play

Le bâtiment a été conçu comme trois grands plateaux au sein de la structure, répartis sur deux ailes, avec des travées d’une façade à l’autre. Les cloisons intérieures sont légères et modulables. L’infrastructure technique fait office de colonne vertébrale auxquels les laboratoires peuvent se connecter.
Pieter-Jan Haest: « Le bâtiment est plug & play : les principaux réseaux pour l’électricité, le gaz et la ventilation sont prévus pour absorber le déplacement des équipements. S’ils sont déplacés de dix mètres, pas besoin de repenser l’ensemble du système. » Cet exercice de réflexion, associé à la collaboration étroite entre les spécialistes internes et les partenaires externes, constitue selon lui une raison essentielle de cette nomination aux Facility Awards.

Impact et reconnaissance

« Cette nomination est une reconnaissance des efforts fournis », souligne Pieter-Jan Haest. « Non seulement envers la recherche, mais aussi par rapport à l’encadrement facilitaire. Nous voulons montrer que nous sommes un institut de recherche de dimension mondiale, et l’infrastructure doit être à la hauteur. »
Cette nomination est également importante pour le département technique. « Les collaborateurs qui se sont consacrés pendant des années à la préservation du patrimoine ont embarqué dans cet ambitieux projet. Leurs connaissances pratiques se sont avérées cruciales pour déterminer la flexibilité et les marges. Un parcours loin d’être évident. Mais nous avons pu montrer que notre organisation est capable de mettre en place une infrastructure complexe et pérenne en peu de temps. Nous pouvons en être fiers. »
Le déménagement est en cours et devrait être terminé d’ici le 4 juin. Il est trop tôt pour quantifier l’impact du nouveau bâtiment de laboratoires plug & play. Mais les premières réactions sont positives. Les collaborateurs qui ont déjà emménagé le trouvent plus agréable, plus logique et plus inspirant.

Photos: VITO