L’avenir du secteur facilitaire, c’est maintenant
Vous dites que le marché stagne depuis dix ans. Qu’entendez-vous exactement par là?
Michiel Dams (MD): « Nous avons atteint les limites du travail traditionnel, mais les grands prestataires de services ne sont pas motivés à évoluer vers un modèle plus performant, associant l’homme et la machine, alors que des alternatives existent. Nous – avec le soutien de Group Peeters – avons cette ambition. Nous mettons tout en œuvre pour que cette évolution soit à l’agenda du facility manager. »
FM: Quel peut signifier une automatisation accrue dans le secteur facilitaire ?
MD: « Elle peut être considérable. Les robots les plus avancés sont plus efficaces que le travail manuel pour certaines tâches de nettoyage. Ils fonctionnent de manière autonome, sont plus sûrs, peuvent filtrer jusqu’à cinq fois l’eau usée, optimisent leur itinéraire, se rechargent, prennent de l’eau fraîche et évacuent l’eau sale… L’agent de nettoyage humain peut alors se consacrer à d’autres tâches avec davantage de précision. Un exemple concret : dernièrement, nous avons été contactés par une entreprise qui ne dispose que de bureaux. Nous avons réalisé un audit du plan de nettoyage, analysé les robots disponibles sur le marché, formé une équipe et configuré les appareils. Résultat : une réduction des coûts de 50% par rapport à la situation précédente. Il s’agissait d’une entreprise relativement petite, mais nous avons aussi obtenu de beaux résultats auprès d’autres grands acteurs industriels. »
FM: Pourquoi subsiste-t-il tant de doutes malgré ces avantages?
MD: « Connaissez-vous la cours d’adoption de Roger ? Dans la phase initiale d’une innovation, il y a toujours des précurseurs, tandis que la grande majorité ne suit que bien plus tard. Les grands prestataires de services maintiennent artificiellement l’évolution à un stade précoce, mais ceux qui nous choisissent auront toujours une longueur d’avance en matière de technologie, de qualité et d’efficience. Nous testons proactivement les dernières évolutions et les innovations sur le terrain. Nous n’innovons pas pour le simple plaisir d’innover : nous travaillons en amont, avant même que les clients ne nous le demandent. Si nous constatons qu’une nouvelle technologie est suffisamment mature pour apporter une valeur ajoutée sur le lieu de travail, nous ne manquerons pas de la proposer. Grâce à notre indépendance et au fait que nous ne sommes liés à aucune marque, nous ne manquons aucune innovation et nous pouvons réagir rapidement à toute situation. »
FM: Quelles évolutions prévoyez-vous dans un avenir proche ?
MD: « Depuis l’année dernière, les robots humanoïdes progressent à une vitesse fulgurante. Lors des salons technologiques, on est parfois stupéfait par les possibilités qu’ils offrent. Il ne faudra pas dix ans de plus avant qu’ils ne se généralisent : je dirais plutôt trois à quatre ans. Leur impact sera encore plus important. »
FM: Quelle influence ces nouvelles technologies ont-elles sur le lieu de travail ?
MD: « Chaque nouvelle technique ou technologies requiert des collaborateurs formés différemment, ainsi que des ressources adaptées pour leur permettre de se perfectionner. C’est pourquoi nous investissons, au sein du groupe, dans notre centre de formation Skill-Up, où nous organisons des formations théoriques et pratiques. Par ailleurs, nous sommes constamment à la recherche de collaborateurs motivés. Nous avons actuellement plusieurs postes vacants dans les secteurs alimentaire et industriel. Nous lançons donc cet appel: si vous aimez travailler dans un environnement stimulant et que, comme nous, la technologie fait partie de votre ADN, alors nous serions ravis de vous accueillir dans l’équipe! Je m’adresse également au marché : nous restons ouverts à toute invitation pour un audit technologique, sans engagement. »
Par Bert De Pau - photos Gausium